Retrouvailles dans le temps (I)

Le chemin …

Quinze ans après leur premier contact, Lucia a revu Oleana dans un endroit pour le moins inespéré. Ni l’une ni l’autre n’habitaient plus Bogotá. La voix d’une d’entre elles a éveillé l’attention de l’autre qui après un regard croisé a confirmé l’identité de son ancienne camarade de classe. Ce premier regard été chargé de tous les souvenirs d’un temps lointain mais à la fois si présent dans leurs vies. Un temps qui portait leur morceau d’histoire commune.

A la fin des années 90 Lucia et Oleana se sont connu le premier jour d’université. Les deux avaient décidé de réaliser des études d’architecture dans une école très réputée de la ville.

Lucia provenait de la classe moyenne, sa vie était le portrait de l’ascension sociale offerte par ses parents, qui à force de travail et sans une profession définie, avaient réussi à donner à leurs trois enfants une éducation privé et de bien meilleur qualité que celle qu’ils ont connu.

Le père de Lucia, Ivan était un commerçant prospère. La mère, Doris était secrétaire dans un bureau d’avocats depuis plus de vingt ans. Les trois enfants du couple : Pedro, Daniel et Lucia, avaient 2 ans d’écart entre eux. Cette proximité avait posé un grand problème financier lorsque tous ont décidé de poursuivre des études universitaires dans des établissements privés.

Pour Ivan c’était une question de fierté et il n’était pas en position de briser les rêves de ses enfants, ceux que Doris et lui-même avaient encouragés depuis leur très jeune âge. Pour les parents de Lucia, le plus important était de garantir leur avenir et cela passait nécessairement par l’éducation. Les loisirs étaient surtout à l’aire libre, faute de moyens pour investir dans ceux du type culturel.

Pendant des années, la famille n’a pas connu des vraies vacances et les voyages étaient limités à la ferme familiale, non loin de Bogotá. Ils étaient toujours accueillis par d’autres membres de la famille, même si parfois ils étaient serrés et gênés de devoir passer plusieurs jours dans ces conditions.

Pour Ivan « les problèmes d’argent sont résolus avec l’argent », toujours fidèle à son esprit pratique et à sa manière de voir la vie, le verre à moitié plein.

Ivan et Doris ont emprunté des importantes sommes d’argent pour permettre à leurs enfants de poursuivre leurs études et d’être les premiers de la famille à obtenir de diplômes d’éducation supérieur.

Pedro, l’enfant ainé, avait choisi de devenir économiste, Daniel s’est décidé pour la comptabilité et Lucia très créative, avait choisi l’architecture.

Elle éprouva une joie sans précédentes lorsqu’elle a reçu la lettre d’acceptation de l’Ecole d’Architecture. Lucia comptait les jours avant la rentrée. Elle s’imaginait les cours dispensés par les professeurs réputés qu’elle avait aperçue dans le prospectus, ses nouveaux amis, elle se voyait profiter de ce grand campus qui attirait tant d’étudiants d’autres universités proches, qui ne disposaient pas d’espaces verts où se détendre.  

L’histoire d’Oleana était assez différente. Elle était la petite fille d’un migrant iranien, arrivé en Colombie vers la fin de la Première Guerre Mondial. Avant son arrivée au sud du continent américain, Arian avait laissé sa natale Ispahan pour aller étudier aux Etat Unis. Il avait obtenu une bourse pour réaliser des études en mathématiques, à l’université de Cambridge au Boston.

Arian était un homme brillant et sa carrière prometteuse. Néanmoins, la vie aux Etats –Unis ne lui plaisait pas complètement et il se sentait attiré par d’autres cultures. A l’époque, Arian commençait à penser à la possibilité de rentrer en Iran, puis joindre étant que professeur l’une des universités de Téhéran, l’opportunité de partir ailleurs lui a été proposée.

L’un de ses professeurs de fin d’études, lui a raconté que l’exploration d’énergies non renouvelables commençait dans les pays du sud du continent et que cela permettait à plusieurs entreprises et aux multinationales américaines, britanniques, françaises et allemandes d’ouvrir des nouveaux marchés sur place.

Non seulement les ingénieurs et géographes étaient recrutés en grand nombre. C’était aussi devenu l’opportunité des mathématiciens qui souhaitaient exercer leur métier dans un environnement différent à ceux des laboratoires et des salles de cours.

Arian a été recruté par ExiMo et envoyé au département du Meta à l’ouest de la Colombie. Rapidement, il fonde une famille avec une femme locale qui travaillait aussi dans l’entreprise, en tant que assistante de recrutement. Ils ont eu un seul enfant Ramin qui était le père d’Oleana.

A l’âge adulte, Ramin est devenu ingénieur spécialisé dans l’exploitation de pétrole, ce qui lui a garanti un emploi bien rémunéré tout au long de sa carrière professionnelle.

Ramin a eu son premier emploi dans la même entreprise où ses parents avaient travaillé plutôt, mais sa spécialité l’a amené à chercher d’autres opportunités à l’étranger, initialement au Venezuela, puis dans les pays du Golfe Persique et sa dernière expérience s’est déroulée en Russie.

C’est dans ce dernier pays, à l’époque le cœur de l’Union Soviétique, où il a connu Martyna, qui deviendrait la mère d’Oleana.

Martyna venait de Lituanie et comme plusieurs de ses citoyens soviétiques, elle cherchait aussi à échapper à ce régime. Elle était mathématicienne et pour Ramin c’était plus qu’une évidence de partager sa vie avec elle. Ils avaient les mêmes centres d’intérêts, ceux qu’il partageait aussi avec son père.

Le couple s’est installé en Colombie où Oleana et née deux ans après. Fille unique, comme son père, Oleana a été élevée dans le confort d’une famille aisée et multiculturelle, assez atypique en matière de croyances, mais traditionnelle dans leur manière d’apercevoir la réussite, évalué en termes financiers.  

Oleana est allée dans une école bilingue anglaise. Depuis son jeune âge, elle connaissait des mots en lituanien, russe et perse. Toutes les années, Oleana était envoyé en colonies de vacances à l’étranger pour des périodes de deux mois, souvent dans des pays anglophones.

A ses 19 ans, Oleana fut acceptée à l’Ecole d’Architecture. Son dossier avait été remis en mains propres au doyen de la faculté d’architecture par son grand-père. Malgré les nombreuses possibilités que la vie lui offrait, Oleana restait toujours perdue par rapport à son avenir, et c’était son grand-père, Arian, qui avait pris l’initiative d’apporter le dossier à son ami le doyen.  

Elle avait déjà passé une année à l’école de beaux-arts, mais elle s’était rendu compte que cela ne lui apportait le plaisir qu’elle recherchait. Oleana était assistée les trois premiers mois, puis elle avait abandonnée l’école. Ses parents ne lui ont jamais dédié beaucoup de temps et les seuls à s’inquiéter pour son éducation étaient les grands parents. Toujours gâté par ses derniers, Oleana n’a pas pu refuser l’option que lui a proposée son grand père, toujours dans un effort d’encadrer la jeune fille.

Le jour arrivé, Lucia prit le bus à deux rues de la maison où elle habitait avec ses parents et ses frères. Elle savait que le parcours lui prendrait une heure, mais sachant que l’heure à laquelle les étudiants du premier semestre avaient été convoqués et que l’heure de pointe approchait, elle était partie un peu plus tôt que prévu.  Lucia est arrivée à la faculté avec une vingtaine de minutes d’avance, elle a eu le temps de chercher la salle de convocation et de s’acheter un café.

En voiture, Oleana mit quarante minutes jusqu’à l’Ecole. Elle connaissait bien le quartier et savait dans quel parking elle allait garer sa voiture. Oleana est arrivée dix minutes à l’avance, le temps suffisant pour fumer une cigarette et pour retrouver son copain Antonio qui réalisait déjà des études d’architecture depuis un an.

La rencontre…

Le café de la Fac d’architecture était l’espace le plus proche pour se détendre, ce fut dans cette espace où Lucia et Oleana se sont parlées pour la première fois.

Lucia avait compris depuis le tour de table qu’elle n’était pas la personne moins favorisée (financièrement parlant) de la classe, mais que la plupart de ses collègues étaient des enfants riches, bilingues, assez sures d’eux-mêmes.

Elle avait pris assez de recul pour comprendre que l’intégration ne serait pas facile. Certains d’entre eux se connaissait déjà, d’autres avaient rapidement échangé par rapport à leurs écoles et à leurs voyages d’été à l’étranger.

Lucia avait fait des études dans une école privée, mais pas dans les écoles de riches. Il s’agissait d’une école moyenne, sans d’autres prétentions que préparer suffisamment leurs élèves pour obtenir le baccalauréat et poursuivre leur scolarité.  Lucia n’avait jamais mis un pied en dehors de la Colombie et malgré les efforts de ses parents pour qu’elle apprenne une langue étrangère, son niveau d’anglais était plutôt basic.

Lucia savait d’avantage le type d’école qu’elle intégrerait, mais elle n’avait jamais été confrontée à une différence sociale si évidente.  Ses parents qui n’ont jamais fait des études universitaires ne pouvaient pas la préparer à cette expérience, et ses frères Pedro et Daniel étaient assez discrets, peut-être dans un effort de fierté, ou peut-être car dans les métiers qu’ils sont choisis il y avait plus de diversité sociale.

Au cours de la pause-café, Lucia s’est assis seule à une table pour quatre. Elle regardait de loin les autres et malgré son habilité pour entamer des discussions, elle n’arrivait pas à trouver un sujet pour s’approcher des autres et lancer une première conversation avec ses nouveaux collègues.

Oleana s’apprêtait à allumer une cigarette lorsqu’elle se rendu compte qu’elle n’avait plus son briquet. La première table à proximité était celle de Lucia, elle s’est donc approchée pour lui demander si elle avait du feu :

– As-tu du feu ?

– Non, j’ai oublié mes cigarettes ce matin.

C’était faux. Lucia n’avait jamais fumé. A ses 17 ans, elle avait crapoté avec ses frères dans le patio de la maison deux fois, quand ils avaient volé des cigarettes au jardinier qui venait une fois par mois s’occuper des plantes et de la pelouse.

Oleana a entamé donc la discussion :

-Tu étais dans le cours d’intégration de la Fac d’Archi, non ?

-Oui, la présentation était un peu longue. Heureusement, qu’ils ont parlé d’une pause car je commençais à m’endormir.

C’était faux aussi, Lucia avait pris des notes et était super excité par les présentations des professeurs et du doyen. Mais elle savait pertinemment qu’une attitude de première de la classe ne lui faciliterait pas la tâche pour se faire de nouveaux amis, ou encore de trouver quelqu’un pour partager l’heure du déjeuner.

Oleana a trouvé le commentaire précis, elle aussi s’ennuyait à mort et attendait juste l’heure du déjeuner pour retrouver son copain Antonio. La pause terminée, elles se sont dirigés à nouveau vers la salle pour écouter d’autres informations, au moins pour une heure de plus.

A midi quelques groupes s’étaient déjà formés mais Lucia était seule et résignée à manger dans l’un des fast-foods du coin. Son budget était limité et elle ne ferait pas de dépenses importantes le premier jour de cours.

Elle s’apprêtait à partir, quand Oleana lui a fait signe. Elle était avec son copain Antonio et les deux lui proposent de venir manger avec eux. Antonio a eu l’idée d’aller au fast-food auquel Lucia avait pensé auparavant, cela la soulagea.

Au cours du déjeuner Antonio avait pris la parole, il a un avis sur les professeurs, sur le fonctionnement de la fac. Antonio représentait à la perfection le groupe majoritaire d’élèves vis-à-vis de leurs prétentions, mais aussi d’un passé familiale réputé et aisé. Il avait un look qui jonglait entre mannequin de la Fashion Week et Tommy Lee, le batteur de Motley Crue.

Antonio n’a rien demandé à Lucia. Oleana de son côté paraissait tellement admirative envers lui qu’elle n’osait l’interrompre. Une heure et demie après, ils se sont séparés et Oleana et Lucia sont retournées à la salle où se tenait la journée d’adaptation.

Les jours suivants seraient marqués par les nombreuses présentations devant les professeurs, qui insistaient à connaitre le prénom des élèves, la région et l’école dans laquelle ils avaient finalisé le secondaire. Parfois, Lucia passait du temps avec Oleana et le groupe qu’elle avait formé avec des filles provenant du nord de la Colombie de Carthagène, Barranquilla et Santa Marta.

Lucia se sentait seule mais à vrai dire la possibilité de devoir travailler en groupe la dérangeait profondément. Elle savait que devant un binôme ou un groupe de travail à quatre elle serait exclue par le groupe d’Oleana.

Quelques semaines après, un garçon qui venait de Bucaramanga, au nord-est de la Colombie était le dernier étudiant à rejoindre le cours, son prénom était Andrés. Lucia a été son premier contact et elle lui a proposé de lui prêter ses notes pour qu’il puisse avancer sur les contenus de la première semaine.

*La deuxième partie de cette histoire sera publié prochainement…

Lo que nunca se dijeron…

Ni siquiera la última vez que intercambiaron mensajes, casi una década después del adiós, pudieron ser sinceros.

El dolor era algo que había marcado profundamente la relación. Nunca se prometieron nada, pero había muchos sueños y deseos implícitos. En algunos momentos, más que todo melancólicos él pudo decir algo respecto a lo feliz que se sentía con ella, dejo ver un par de veces que se sentía pleno a su lado, pero su postura de hielo volvía a aparecer rápidamente para eliminar cualquier muestra de afección.

Ella en permanente duelo, de esa relación y de otras que la atormentaban desde tiempo atrás, tenía ya una playlist bien aceitada. Una que la dejaba liberar la frustración y la soledad. Esta lista quedo guardada en el baúl del tiempo, pero el contacto con él, reavivó demasiados recuerdos, incluidas las canciones que tantas noches le cantó, sin que él lo supiera, las que se dedicó a si misma. Esas en las que encontró la empatía que no recibió en otra parte.

Como parte de volver al pasado, a las rutinas de aquel tiempo, al deseo que sintió y a escudriñar todo lo que no fue, buscó en su plataforma de música favorita todas esas canciones y se dispuso a oírlas. Como cuchillos afilados que laceran la piel solo con un leve toque, las heridas de guerra se abrieron de nuevo, la prueba de que durante todos esos años no sanó.

Las lágrimas brotaron como una fuente de esas que en lo profundo del bosque deja caer con fuerza litros y litros de agua. Cayó de nuevo en el lugar común de culparse, de sentirse menos, de odiar todo lo que vivió, todo lo que pasó.

Poco a poco terminó por entender el origen de ese dolor, del desamor, pero no podía decírselo. No quería mostrarse frágil y menos atrapada en el tiempo. No quería darle placer a ese extraño, mostrándole que su fantasma había vuelto para atormentarla. No quería mostrarle que la poca confianza que había construido después del adiós, se había desmoronado como un castillo hecho a base de migas de pan.

Así de frágil era, así de pequeña se sentía, así de vulnerable quiso continuar con un intercambio que no le aportaba más que una profunda pena. No percibió nada extraño en el comportamiento de su viejo amor, la pedantería que siempre lo caracterizó estaba intacta. Su sentido del humor la hizo reír en cada conversación que tuvieron y su manera de manejar los recuerdos la hizo sentir segura en algunos momentos.

Todo esto alimentó una pequeña esperanza de verlo de nuevo, de estar frente a frente para descubrirse nuevamente. Como la primera vez, se pusieron de acuerdo para verse en un lugar que resultara intermedio, en donde ninguno de los dos tuviese ventaja, escogerlo fue difícil.

Aun así, los días se hacían largos, el peso de la culpa y el miedo de lo que iban a encontrar también agregaba una presión adicional. En algún momento él decidió cambiar la fecha del encuentro sin consultarle. Empezó a contestar de manera errática a sus mensajes e incluso a no contestar más. Ella tuvo la certeza de que algo había cambiado y que el encuentro ya no tendría lugar.

Se equivocó. Dos semanas después regresaron los mensajes y tuvo lugar la primera llamada telefónica. La primera, que como todas las llamadas resultan incómodas, llenas de largos silencios y de continuas interrupciones. Esas llamadas en donde nadie sabe qué decir y los temas son de una gran banalidad.

Realmente la llamada fue lo que les permitió entender que el encuentro sí era posible, que aún había un poco de corriente y que a lo mejor durante una conversación frente a frente, podrían decirse lo que habían guardado por tanto tiempo y también, lo que venían sintiendo desde que retomaron el contacto.

Ninguno se interesó por preguntar sobre las evoluciones personales del otro, ni privadas, ni profesionales. Eso implicaba conectarse con un pasado doloroso para ambos y tampoco parecía necesario evocarlo durante el intercambio previo al encuentro.

Él siempre fue un tipo inteligente, exitoso y persistente. Ella siempre lo envidió en todo pues él representaba lo que ella no podía ser, lo que hasta ese momento no lograba tener. Ese deseo de ser como él era parte de un secreto obsesivo que con mucho esfuerzo había puesto en remojo.

La vida austera y tranquila que ella eligió estaba lejos de la vida que en algún momento había pensado tener, tal vez junto a él. El éxito definido dentro de un modelo capitalista de adquisición de cosas y de renombre ya no le preocupaba. Había hecho un esfuerzo por redefinir todo ese “deber ser” que se impuso o que le impusieron en algún momento.

Ella sentía un poco de aprehensión de tener que explicar sus elecciones a alguien que en todo caso siempre le pareció demasiado cuadrado, metódico y perfecto en la planificación de su vida. Una vida en la que ella había sido más un error de cálculo que otra cosa.

El día llegó y a la hora acordada se dieron cita en un restaurante, dentro de un gran parque, frente a un lago, rodeado de montañas, que recordaba el lugar en donde se conocieron. Pasaron unos minutos escaneando las canas, las arrugas, los contornos del otro, mientras cada uno iba pesando las palabras que saldrían de su boca. Se fundieron en un abrazo largo y fuerte, como si se hubiesen extrañado de verdad, tal vez como compensación a ese abrazo que no se dieron cuando se despidieron años atrás.

Pasaron largos minutos antes de que alguno de los dos tomara la palabra. Ella empezó. Fiel a sí misma, no quería esperar a estar inmersa en un discurso que no podría controlar. Decidió empezar por un recuento de lo que la había llevado a ese lugar y de poner sobre la mesa algunos de los recuerdos y las viejas preguntas que aún la acompañaban.

Él no respondió como ella esperaba. Se limitó a hacer una lista de algunos cambios en su vida, restringió lo más que pudo los detalles sobre su vida personal, se extendió sobre lo que siempre había sido su motivo de orgullo: su vida profesional.

Le hizo un pequeño cumplido sobre su apariencia, le dijo que se sentía cómodo, como si se hubiesen visto un par de días atrás y por cortesía, le preguntó por su familia y por su vida profesional.

Cuando ella explicaba de manera atropellada sus ideas, no lograba ver su expresión amigable, esa que dejaba colar por momentos; estaba frente a el mismo muro de hielo que conoció cuando aún estaban juntos. Se dio cuenta de que sus palabras no tenían depositario y que se las llevaba el viento de ese día de otoño.

Ella sintió las lágrimas invadir sus ojos, se disculpó y se dirigió al interior del restaurante para calmarse. Le dijo que necesitaba ir al baño, pero no lo hizo. Desde el bar, ella lo vio ponerse de pie, dejar unos billetes sobre la mesa y partir, sin mirar atrás.

Se quedó paralizada, incapaz de gritarle que no se fuera de esa manera, incapaz de lanzarle una piedra a la cabeza o de correr hacia él y enfrentarlo. No tuvo la fuerza de marcar el número temporal que le había dado, sabía que no contestaría. 

Despedida sin despedida, cita sin comentarios, relatos sin sentido, secretos bien guardados. No retomarían el contacto y el cierre se haría con el paso de los días, con el paso de los años, esperando que ésa desventurada cruzada fuese olvidada, sin necesidad de buscar explicaciones y sin recriminarse por la motivación inicial.

Ella no quiso luchar más con el fantasma, se dio cuenta que era incapaz de amar sin límites, algo que ya había perdido cuando lo conoció. La soledad volvió a sus días y se sintió aliviada de no necesitar de alguien más para disfrutar de la brisa del otoño y de la calma de su cotidiano, sintió que al fin era libre.

Rentrer pour mourir chez soi

Il y a 3 jours, le 20 juin, on a vu défiler sur les réseaux sociaux quelques post à propos de la journée mondiale du migrant et du réfugié. En même temps, je n’avais pas eu la force de publier ce texte lié à ce sujet, lequel tournait dans ma tête depuis plusieurs jours.

J’avais écouté le récit d’un migrant qui a dû sortir de son pays, après avoir démissionné d’un travail dans lequel il se sentait exploité. La paye qu’il recevait à la fin du mois ne lui permettait pas de subvenir à ses besoins, au-delà des quinze premiers jours.

Partir en raison des difficultés économiques, de la persécution idéologique, des actions politiques et sociales, de l’identité sexuelle. Partir pour trouver une solution à nos problèmes, partir sans évaluer les risques car on considère que la situation est déjà insupportable et insurmontable chez nous.

Partir après avoir vendu le peu qu’on possède, partir après s’être mis d’accord avec un passeur, d’acquérir une dette, de perdre ses droits et de ne pas savoir quand est-ce que la liberté sera acquise. Partir pour se libérer mais finir comme un esclave.

Partir dans un bateau susceptible de naufrager, caché dans un camion ou dans un container rarement contrôlé dans un port. Partir à pied, traverser les rivières, les montagnes et les déserts. Partir avec un petit sac à dos, sans savoir de quoi on va se nourrir, ce qu’on va boire, où on va dormir, aller aux toilettes ou se laver. Mettre en risque son intégrité physique et personnelle pour arriver à une destination parfois idéalisée.

Partir sans savoir ce qu’on deviendra dans le pays de transition et encore moins dans celui d’accueil. Partir avec un petit espoir, avec l’idée de trouver une manière de gagner mieux sa vie et d’aider la famille qui a dû rester sur place. Prendre le risque de survivre ailleurs et caresser le rêve de rentrer un jour.

Mais la pandémie du Covid-19 a remis en question tout cela. Cette pandémie a créé une difficulté supplémentaire aux migrants qui dans plusieurs pays travaillent hors la loi, sans la reconnaissance de leurs droits. Des emplois précaires dans la plupart des cas concurrencés avec des sujets locaux moins favorisés. C’est un combat entre précaires qui réalisent les tâches que personne ne veut faire.

Un revenu qui dépend d’une vente dans un trottoir – de biens ou de son propre corps. Un revenu obtenu à partir d’un effort physique portant des sacs dans un marché, dans un chantier. Quelques pesos, dollars ou euros recueillis après d’avoir chanté dans les transports publics, d’aller nettoyer une maison, de garder un dépôt, de conduire un tuc-tuc, d’être livreur en vélo, de nettoyer les vitres des voitures avant que le feu passe au vert.

Tous ces survivants de l’ombre, exclus de nos journées et de nos commodités, se sont vus affectés par la pandémie. Toutes ces personnes qui si souvent, doivent payer quotidiennement le loyer d’un lit, d’un matelas, ou simplement d’un espace, dans une chambre surpeuplée par d’autres personnes vulnérables, se sont retrouvées à la rue, démunies, isolées, sur classées.

Les propriétaires de ces habitations loin d’expérimenter la crainte d’abriter des personnes malades, habitant dans des espaces exigus et insalubres, étaient plutôt inquiets par le fait que les migrants n’avaient pas de quoi payer la chambre, faute de ne pas sortir pendant la période de confinement.

Des solutions à cette situation catastrophique manquaient, les migrants n’ont pas de points de chute, ni de la famille, ni un ami qui puisse les accueillir pendant la crise.

Le traitement des morts du Covid-19 déjà problématique dans certains pays en voie de développement, lesquels accueillent également des migrants – en effet tous les migrants ne cherchent pas à se rendre aux Etats Unis ou en Europe – n’ont pas les moyens matériels, ni pratiques pour venir en aide de ces populations. Ils n’ont jamais été une priorité et ne le seront pas en temps de crise.

Des centaines de migrants repartis sur le continent américain ont décidé d’entamer de marches de milliers de kilomètres pour rentrer chez eux. Envisager l’achat d’un billet de bus déjà cher pour la plupart d’entre eux, restait un risque en raison de la fermeture des frontières et des contrôles policiers. Les « vols humanitaires » programmés soit disant par les gouvernements des pays d’origine, d’accueil et de transite n’ont pu transporter que quelques centaines de personnes, souvent ceux qui avaient de quoi payer le billet d’avion.

Marcher et marcher pour rentrer chez soi avec la peur au ventre car le retour se fait en groupe. Un groupe qui peut être considéré comme un focus d’infection, compte tenu de la dureté de leurs conditions de vie et d’hygiène. Une maladie affreuse qui discrimine et stigmatise d’avantage les migrants.

Partir à nouveau mais cette fois pour aller mourir chez soi, près des siens. Retourner, laissant derrière le petit espoir qui les a fait partir au début.

Essayer de rentrer chez soi mais être arrêté sur le chemin par les autorités qui entassent les personnes dans des dépôts, en attendant que les statistiques du taux d’infection et de reproduction du virus descendent ou mieux, que la pandémie passe.

Certains de ces migrants vont mourir seuls et leurs corps abandonnés sur un chemin, ou enterrés dans un endroit que personne ne saura repérer, ni communiquer à sa famille. Certains vont mourir sans pouvoir retourner à tout ce qu’ils ont connu, sans sentir un peu d’empathie et d’amour, sans avoir la chance de vivre à nouveau dans leur propre pays.

Les migrants parfois aidés par des citoyens, des associations et des ONG’s sont peu nombreux car la mobilité des acteurs sur le terrain est aussi limité. Les ressources sont maigres, et en temps de pandémie on a tendance à être plus solidaires avec les personnes en situation de précarité partageant la même nationalité, et pas forcement réfléchir sur le destin de ceux qui viennent d’ailleurs.

Ce virus qui continue à nous menacer a fait émerger les peurs des migrants partis chercher ailleurs une autre vie. La peur de la mort éloignés de ces proches. Cette peur, cette désillusion, cette discrimination exacerbée, ce sommet de vulnérabilité qui a poussé les migrants à reprendre les routes et les bateaux de fortune pour faire le chemin de retour, car si la mort arrive il vaut mieux être chez soi.

BITACORA: Descubriendo Sudáfrica, la nación arcoíris

Este destino es de muchas maneras un viaje a mil lugares. Una experiencia que parece lejana pues existe en nuestro imaginario la idea de que financieramente puede ser oneroso, pero también en términos de tiempo, se necesitan al menos quince días para para rentabilizar una distancia tan larga.

Fui lo más al sur de un continente al que muchos temen ir, a un lugar que ha estado en las noticias por hechos atroces, pero también por figuras monumentales que han definido e inspirado a personas y a pueblos enteros: Sudáfrica.

En la necesidad de hacer maletas e ir a respirar otro aire, de aprovechar de un poco de calor antes de que el invierno se instalara, un amigo que había visitado ese país meses atrás, terminó por reafirmar que ese era un destino maravilloso.

En general, muchos de nosotros pensamos en África como en un documental de Discovery Channel donde los animales corren libremente por las sabanas. Pensamos en los grandes parques naturales y obviamente en la situación de pobreza de los habitantes, en las hambrunas, en las guerras civiles y hasta en el tráfico de especies.

Pocos somos conscientes que las otras riquezas: las del oro, los diamantes, el carbón, el coltan, el níquel, el cobre, la bauxita, el uranio, el petróleo, el gas y el carbón, son recursos naturales que por siglos han salido de África, provocado un pillaje sostenido en el tiempo, que solo ha enriquecido a un puñado de personas, algunas locales y otras extranjeras.

Esta no era mi primera visita de un país africano, pero si el primero a uno sub-sahariano. La planificación resultó más fácil de lo esperado y la idea de haber reservado únicamente los lugares de descanso, permitiría explorar con detenimiento los lugares previamente elegidos. En términos generales se requiere de un vehículo y tomar un par de vuelos internos para avanzar en el recorrido.

LA TRAVESIA Y EL PRIMER CONTACTO: El avión salió de Paris dirección Etiopia. Addis Abeba era la ciudad de conexión para llegar hasta Ciudad del Cabo. Era el único vuelo que salía el 1 de noviembre y que se ajustaba a las fechas y al presupuesto. En las primeras siete horas de vuelo no se siente mucho la diferencia, estando en un avión un poco vetusto, pero funcional, casi todo el viaje tuvo lugar en la noche.

La llegada a Addis Abeba permite despejar la mente y accionar el modo vacaciones, no solo por el calor que se sentía en el aeropuerto, sino por la cantidad de personas tan diversas, hablando idiomas que no podía entender, con looks diferentes y a veces coloridos.

La zona de tránsito parecía pequeña, poco confortable para esperar durante dos horas antes de embarcar al destino final. Dos cosas me hicieron recordar mi país, la primera, unos pequeños comercios en donde vendían algunos bienes de primera necesidad, similares a los que se encuentran en las terminales de transporte de las ciudades intermedias.

La segunda ocurrió cuando decidí observar por uno de los grandes ventanales y descubrí que en Etiopia o por lo menos en Addis Abeba, como en Colombia, los muros altos están adornados de alambres de púas para evitar intrusiones. Menos elegantes que las cercas eléctricas, era la primera vez que constataba esas medidas de seguridad en un aeropuerto internacional. Después pensé en los piratas etíopes y otra cantidad de circunstancias que probablemente justificaban esas medidas de seguridad y decidí no concentrar más atención en ese detalle.

Al llegar a Ciudad del Cabo el aire volvió a cambiar. La temperatura no era tan elevada y hacía pensar un poco en un clima templado en donde las ráfagas de viento recordaban que lo mejor era abrigarse correctamente.

De la herencia colonial inglesa, habían heredado el idioma con el que la mayor parte de la población se comunica con el resto del planeta y conducir del lado izquierdo.

Ciudad del Cabo es una ciudad moderna con los rastros de ese pasado colonial presentes en su arquitectura que se debate entre las casas coloridas, los edificios de dos plantas, y al mismo tiempo abrita las estructuras de cemento y de grandes vitrales que se encuentran en toda parte. Las calles de Ciudad del Cabo tienen andenes estrechos y queda claro que el automóvil es el rey.

Al pasear por esas calles pude constatar que los comercios no son exclusivamente destinados al turismo y eso me alegró. Incluso el hecho de entrar a una peluquería para comprar una lima y un cortaúñas, pues mi maleta se extravió, resulto ser toda una odisea. No solo porque en algunos de los comercios a los que entré me miraron de manera extraña, sino porque tampoco me quisieron indicar en donde podía procurarme ese tipo de elementos.

Asistía por primera vez a una reticencia única frente al extranjero y me pareció extraño pero normal. La historia de Sudáfrica está plagada de ejemplos en donde el extranjero ha llegado para transformar los usos y las formas, para aprovecharse, para imponer un sistema, para dejarlos sin nada más que sufrimiento.

El trato era frio y distante, en el hotel como en el restaurante o en comercio. Por primera vez estaba en un lugar en donde el turismo si existe pero el turista no es tratado como un dios. Las personas que realizan oficios en este sector hacen su trabajo de manera responsable y cordial pero sin caer en las zalamerías, ni en el querer vender a costa de todo.

LA MAGIA DEL CABO Y SUS ALREDEDORES: El paisaje de Ciudad del Cabo está decorado por la Table Mountain, una montaña que no termina en pico, sino que tiene una forma alargada como la de una mesa, de ahí el nombre. Este lugar, que es a su vez un parque natural, ofrece la oportunidad de disfrutar de una vista periférica desde donde se puede apreciar la bahía y por supuesto Robben Island.

Robben Island, empezó siendo prisión desde el año 1400 y hasta el fin del etapa colonial holandesa entre 1652 y 1806. Se convertiría temporalmente en un hospital para leprosos durante el siglo XIX bajo dominio colonial inglés, y luego en un sitio defensivo a lo largo de la Segunda Guerra Mundial.  

Durante el Apartheid éste lugar fue destinado a los prisioneros políticos principalmente, quienes además estaban obligados a pagar la pena realizando trabajos forzados, tal como fue el caso de Nelson Mandela, quien estuvo preso allí entre 1964 y 1982. Robben Island siempre ha sido el símbolo en contra la opresión frente a cada uno de los regímenes impuestos: colonial y Apartheid que en ambos casos dividían a la sociedad a partir de la raza, la clase, el género y la etnicidad. Históricamente, los prisioneros recluidos allí persistieron en la lucha por sus derechos y por la libertad, por mantener la dignidad que los guardias estaban obstinados en romper, respondiendo a las lógicas de superioridad y de mantenimiento del régimen del momento.

La península del Cabo tiene mucho que ofrecer. Existe la posibilidad de embarcarse hacia Duiker Island en dónde se pueden observar las colonias de focas en libertad. También se puede aprovechar el día caminando en la reserva natural del Cabo de Buena Esperanza, que realmente marca en encuentro entre el océano Atlántico y el océano Indico. No lejos de éste punto en Simon’s Town, los visitantes dedican horas a la observación de las colonias de pingüinos.

Gracias a una infraestructura vial similar a la de un país desarrollado, la movilidad resulta segura y práctica.

Siguiendo el camino hacia el este del Cabo, se encuentra la ciudad de Hermanus. El atractivo de esta pequeña ciudad radica en el avistamiento de ballenas jorobadas y cachalotes, incluso desde la bahía. Aunque algunas embarcaciones pequeñas están disponibles para seguir el recorrido de estos mamíferos, el día en que realicé el desplazamiento estuvo marcado por una gran masa de viento que impedía a los barcos zarpar.

Las condiciones meteorológicas no entorpecieron el gran espectáculo al que asistiría solo unos minutos después. El juego entre las ballenas y sus crías era visible desde el borde de un camino peatonal que permitía seguir los desplazamientos  de estos animales maravillosos. Al menos tres grupos de ballenas realizaron piruetas durante dos horas. El silencio permitía escuchar la respiración siempre potente y profunda. Los saltos más o menos altos extasiaban a los asistentes, que a diferencia de lo que ocurre en los parques de atracciones se contuvieron para no aplaudir, ni exclamar, ni gritar.

Parecía incluso inoportuno filmar o tomar fotos, pero parecía una pérdida de tiempo cuadrar ángulos a sabiendas de que la ocasión era única y que el mejor recuerdo seria de registrar en el cerebro cada sonido, cada movimiento, cada color y el olor del mar. Después de dos horas de show, las ballenas empezaron a alejarse, como despidiéndose de quienes habíamos ido a visitarlas. Salí de ahí convencida de que son uno de los más grandes tesoros de la tierra.   

Es increíble que a tan corta distancia de Ciudad del Cabo se pueda experimentar ese encuentro con la naturaleza y con una fauna tan variada que parece salida de un gran documental. Como si los sueños que tuve cuando era niña se agruparan en un solo lugar y en tan corto tiempo.  

Al día siguiente al adentrarme en la ruta de los vinos, pude descubrir las ciudades de Franschhoek y Stellenbosch. Esta zona marcada por la presencia de los franceses hugonotes o protestantes que huyeron de su patria después de 1685, crearon todo un complejo vitícola que se perpetua hasta nuestros días. Si bien la calidad del vino es discutible, también es cierto que Sudáfrica se encuentra en el top diez de países productores y la distribución concierne principalmente destinos turísticos de lujo como Isla Mauricio y Seychelles, que se ubican también cerca de Madagascar en pleno océano Indico.

Como en Europa y en Estados Unidos las visitas y degustaciones en los viñedos están a la orden del día. Al visitar estos dos puntos, no pude evitar pensar en los colonos protestantes que se ubicaron en esta zona rica para la agricultura, otro motor de la economía regional. Tampoco pude eludir el hecho de que es una zona exclusivamente blanca y aséptica, tan similar a cualquier pueblo de la Europa occidental.

Con esas preguntas en mente regreso a Ciudad del Cabo para tomar el vuelo que me llevaría a Port Elisabeth, un punto de partida hacia la parte oriental de Sudáfrica.

RESERVAS NATURALES: Concluido el aterrizaje en Port Elisabeth, el objetivo era conducir hasta Addo Elephant Park, una reserva creada para proteger principalmente elefantes, pero que abrita otras especies: leones, avestruces, antílopes, cebras, mandriles y otros tipos de monos, cientos de pájaros.  

Tener el privilegio de dormir dos noches en Addo, me permitió ver desde el coche las familias de elefantes interactuando, protegiéndose, colaborando entre ellas. Estaba claro que quienes estábamos allí éramos unos invitados casuales y que seriamos expulsados si los animales se sentían en peligro.

La inmensidad, el respeto por esos animales tan poderosos que avanzaban a veces en dirección del coche, solo podían hacerme contener el aliento. Con sus pequeños ojos que no parecen adaptados a un cuerpo enorme, se puede llegar a pensar que los elefantes son torpes o errados en su cálculo cuando aparentan marchar más rápido de lo normal. Nada más equivocado, ellos pasaban a centímetros del vehículo, sin siquiera rozarlo, tan cerca como para  poder contemplar la piel arrugada y seca, olerlos y escucharlos respirar. Verlos beber agua en los pozos, tomar el alimento de las ramas de los arboles provoca alegría y a la vez incertidumbre sobre el futuro de esta especie en peligro de extinción.

La vida en el Parque Addo es simple, las consignas de seguridad son claras desde el registro, y las zonas están delimitadas para evitar accidentes. Los horarios de entrada y salida están previstos para no perturbar a los animales y a la vez para garantizar la seguridad de los visitantes. Las cabañas dispuestas para el alojamiento son sencillas y recuerdan la necesidad de cuidar el agua y de no abusar de la electricidad. También está prohibido disponer alimentos fuera de las cabañas pues estos atraen principalmente a los monos, que en estado salvaje están dispuestos a dar un combate por procurarse el alimento. Todo desplazamiento debe realizarse en el vehículo. Los rastros orgánicos de los elefantes a pocos metros del alojamiento recuerdan por qué es imprudente desplazarse a pie. 

Al dejar Addo la ruta prosiguió en dirección a la ciudad de Durban, para lo cual fue necesario tomar otro vuelo desde Port Elisabeth, de lo contrario eso implicaría conducir durante diez horas aproximadamente.

MARCAS DE DIVISION ETNICA: Durban se encuentra en la tierra de los Zulús lo cual permite reanudar con las bases de las tribus africanas. Esta es también una zona de referencia para la migración proveniente de la India durante la dominación inglesa.

A Durban llegaron los esclavos de lo que hoy son India, Bangladesh y Pakistán, para trabajar en los cultivos de caña de azúcar que se encontraban en esta zona, otros pertenecientes a una clase social más elevada, se dedicarían al establecimiento de relaciones comerciales. Aquí llegaría Mahatma Gandhi en 1893 y constataría la discriminación de la que eran (son) víctimas los sujetos indios y negros.

La lucha por la libertad a partir de la resistencia pacífica o movimiento de no violencia, inspiraría a los miembros de la ANC (Congreso Nacional Africano) en el movimiento político que buscaba el fin de la segregación racial impuesto por el Apartheid, y en consecuencia el fin de la dominación blanca. 

Esta ciudad, que hoy en día cuenta con el puerto industrial más importante del país, posee a la vez playas increíbles aptas para kite-surf, surf y las populares inmersiones en jaulas en medio de tiburones blancos y de tiburones tigre.

Otra reflexión cruza mi mente a medida que recorro la ciudad y es la manera en la que está distribuido el espacio de habitaciones, así como las interacciones entre la población. La separación entre blancos- Afrikáners,  los descendientes de los “indios” y los africanos está aún bastante marcada. Los lugares concentran principalmente un solo tipo de población, como si la mezcla no fuese posible. Incluso los barrios que componen la ciudad están organizados en función de estas distinciones[1].

Aunque la ciudad parece organizada e incluso agradable, esas diferencias tan fuertes me hacen pensar en ¿Cómo alguien como yo podría hacer parte de una comunidad de estas, en qué grupo podría sentirme a gusto? ¿Sería posible interactuar fácilmente con las otras comunidades? Lo que sentí en Durban fue la necesidad de pertenecer a una comunidad específica que en principio está en concordancia con los rasgos físicos, pero que luego está marcada por una historia común.

La historia de las comunidades indias y negras estuvo atravesada por la injusticia y por una lucha hacia la libertad que en principio estuvo fracturada por los “privilegios” de los primeros, pero se configuraría a posteriori como un objetivo común .

EN TIERRA ZULU: Saliendo de Durban empiezo a apreciar desde el coche la particular arquitectura de las casas del sector. Siempre hay una pequeña casa en forma de choza contigua a la casa de mayor tamaño.

En principio pensé que podía tratarse de un lugar en donde se almacenan leña o suministros, como un tipo de depósito. Incluso llegué a pensar que se trataba de un cuarto de baño. Pero cuando empecé observar con más detenimiento, descubrí que algunas tenían cortinas y me pareció que era más bien un lugar de habitación. Los materiales de construcción de la “choza” son variados, pero parecía ser un espacio confinado para una sola persona.

Luego un hombre Zulú me diría que estas casas tradicionalmente servían para abrigar a la amante o a la segunda esposa, la tradición de la poligamia está bastante extendida en los pueblos originarios.

Por esta razón las chozas eran construidas en el terreno de la casa, dejando siempre algo de distancia con la casa principal. Me dijo también que para otras personas la utilidad había cambiado y que simplemente estas casas eran un lugar espiritual, en donde se invocaba a los ancestros y se les pedía consejo.  

En el camino hacia Santa Lucia en donde se puede apreciar la vida animal de hipopótamos y cocodrilos que conviven en el lago del mismo nombre, pensaba en esta invasión humana a lugares de fauna silvestre tan increíbles. Esta pequeña población en donde nuevamente no se puede caminar de noche por el alto riesgo de encontrarse frente a un hipopótamo, está lejos de causar pánico en la población local. Los hoteles atesoran fotos de los hipopótamos que en las noches se acercan a beber agua a las piscinas o que vienen a marcar el territorio.

Otros parques naturales rodean Santa Lucia, visité Hluhluwe iMfolozi que protege principalmente rinocerontes, hienas, leones, búfalos y antílopes. Las visitas nocturnas, activan los sentidos porque algunos de los animales son activos cazadores nocturnos. Sin embargo, una nueva pregunta se suma a la lista y tiene que ver con la toma de riesgos innecesarios, que pueden llegar a perturbar la vida de los animales salvajes, a sabiendas que nuestros ojos no funcionan como cámaras infrarrojas o de movimiento como para registrar por ejemplo, una escena de caza. Nuestros sentidos no estan desarrollados para andar de safari en la noche, no podemos anticipar una incursión de un gran gato o el ataque de búfalo, que son los más temidos.

Este tramo nororiental terminaría con la visita a Sodwana Bay, una bahía reputada por su riqueza marina en donde bucear es la actividad más apetecida. La rudeza del mar me enseñaría que a veces es mejor prepararse suficientemente antes de embarcarse, más aun cuando las condiciones meteorológicas no son las mejores.

A veces es mejor no aventurarse en salidas que requieren niveles de experiencia más avanzados y éste es el caso para los buzos que acuden a este paraíso. La playa salvaje con bancos de arena que llegan a las rodillas, las olas del mar que se siguen como muros de una gran pared, hacen que el océano parezca casi impenetrable.

La dificultad de las lanchas rápidas para adentrarse al mar y de los barcos que requieren ser arrastrados por tractores para poder acceder al mismo, reflejan bien las condiciones en las cuales se realizan estas aventuras. En efecto, los fondos marinos son ricos y seguramente en mejores condiciones, la aventura pudo haberse extendido por un periodo de tiempo mayor.

ENTRE MONTAÑAS Y SABANAS: De nuevo sobre la carretera, esta vez en dirección de Johannesburgo, el camino me lleva a Suazilandia, para luego volver al entrar en Sudáfrica, las montañas vendrían a ser parte recurrente del paisaje.

La reserva de Kwa Madwala completaría el recorrido para apreciar el BIG 5 (los cinco grandes) haciendo referencia los cinco animales que se deben poder apreciar en ese tipo de circuitos. La verdad más allá de quererlos marcar en el cuaderno que reparten a la entrada, el gran privilegio es poder observar otros animales desplazarse y actuar libremente: jirafas, guepardos, e incluso los leopardos reposando plácidamente en una roca seguro después de una extenuante noche de caza.

Los movimientos o la manera de fijarse de ciertos animales ante nuestra presencia, siempre en coche, estuvo cargada de adrenalina, producto del temor y del respeto entre especies que no están hechas para compartir el mismo espacio. Los cuidadores y rangers, además de la información sobre la fauna y la flora, siempre tuvieron en mente una comunicación que buscaba sensibilizar sobre la necesidad de proteger esas especies en peligro.

A diferencia de lo que se puede pensar, no habia buses repletos de gente como quien va a un zoológico. Las personas deben permanecer en absoluto silencio y los grupos no superan las cinco personas por vehículo. En algunos casos se puede utilizar el propio auto que debe rodar lentamente, evitar usar el claxon o prender las luces para evitar molestar a los animales. Los horarios y la cantidad de personas autorizadas también están controlados y me parece que existe un esfuerzo real de parte de las autoridades sudafricanas y de algunos particulares por tratar de mantener esas reservas naturales.

Estos sitios no están libres de cazadores, que incluso han logrado matar a los animales dentro de las reservas, poniendo en peligro a las crías y a otros animales protegidos. La estupidez de los humanos que se sienten más poderosos portando pieles de animales, o de quienes utilizan partes de los mismos: cuernos, escamas, colmillos, entre otros para fabricar medicinas tradicionales, indignan al punto de querer exponerlos al escarnio público, ridiculizarlos y castigarlos penalmente por esos comportamientos. Los sudafricanos con pocas fuentes de financiamiento logran asegurar el patrimonio natural, la fauna que muchos otros se han empeñado en destruir.

Avanzando hacia Johannesburgo tuve también la posibilidad de pasar un día en Blyde River Canyon. Las cascadas de agua cercanas ambientan la llegada a un lugar que se asemeja a un paisaje lunar. Los Potholes una formación geológica que se crea a partir de la erosión del agua, diversifican un paisaje que se puede apreciar en varios países que presentan fallas geológicas. Este fue el único lugar que pude recorrer a pie, sin embargo las distancias entre toda esta zona natural están cortadas por vías secundarias, bastantes transitadas, impidiendo disfrutar de un  recorrido a través de un corredor natural.

EL ULTIMO TRAMO: el camino hacia realidades más cercanas: Al continuar por la autopista que conduce a Johannesburgo y que prosigue hasta Pretoria, tres situaciones atrajeron mi atención. La primera estuvo relacionada con los Townships que son visibles desde la carretera nacional.

Este tipo de “barrios – vecindarios – colonias” hacían las veces de guetos para la población negra empobrecida. Los Townships son por definición un lugar en donde los servicios públicos son inexistentes o precarios y las dificultades visibles. En Sudáfrica durante todo el periodo del Apartheid no se podía salir del vecindario sin autorización otorgada por un pase de movimiento que podía ser revocado en cualquier momento. Una persona nacida en un Township difícilmente podía en aquella época y aun en nuestros días salir de él, la movilidad social es prácticamente inexistente.

Si algo pretendía el Apartheid era reducir a las personas negras y evitar que tuviesen cualquier tipo de derecho: a la salud, a la vivienda, a la educación, a tener una vida digna y por supuesto, evitar que pudieran reclamar derecho a la propiedad, a la tierra o adquirir derechos políticos.

Esos Townships que se observan desde la carretera recuerdan que aún con la caída del Apartheid, las condiciones de inequidad y de falta de oportunidades son palpables en la Sudáfrica actual, lo cual se siente con mayor fuerza una vez se ponen los pies en Johannesburgo.

La segunda situación que me pareció relevante fue la contaminación del aire que se sentía incluso dentro del vehículo. Durante el recorrido, observaba también la bruma que cubría el paisaje de manera permanente. En ciertos momentos incluso resultaba difícil trazar el recorrido en la carretera, en razón de la contaminación. No solo los camiones que transitan por esta vía nacional contribuyen a la situación, la explotación industrial de granjas e incluso de centrales termo eléctricas a base de carbón que funcionan en esta zona afectan considerable y durablemente la calidad del aire.

La tercera situación que llamo mi atención se hizo cada vez más palpable a medida que recorría el país en coche. La mayor parte de la población no posee un vehículo de transporte diferente a su propio cuerpo, a sus pies. No es extraño ver a las persones haciendo Auto-stop en las autopistas, ni de ver a las personas caminando al borde de las vías principales o secundarias. Algo que no solo pone en riesgo su propia integridad física, si no de la de quienes conducen un vehículo y pueden impactarlos por distracción o por falla mecánica.

A diferencia de muchos países en desarrollo en América Latina y Asia en donde las bicicletas y las motos juegan un rol esencial en el transporte de poblaciones menos favorecidas, en Sudáfrica no es el caso. A parte de los automóviles, del transporte público: buses y pequeñas camionetas de transporte colectivo, las bicicletas y las motos no están democratizadas. Llama la atención que un país en donde el automóvil es rey y en donde el transporte individual alternativo es prácticamente inexistente, no existan andenes destinados a la locomoción de los peatones.

Finalmente, la última parada de éste viaje en Johannesburgo aunque limitada tenía un gran peso simbólico por los hechos dramáticos que tuvieron lugar en ella. Me refiero al desplazamiento forzado que tuvo lugar en Sophiatown, que fue completamente destruido y cuyos habitantes fueron acogidos en Soweto.

En Johannesburgo se percibe la tensión social en el centro de la ciudad en donde se pueden observar numerosas personas en situación de indigencia, la mayoría dependientes de substancias ilegales como la heroína o el cristal, en donde la suciedad y la miseria son el cotidiano de sus habitantes.

En los vecindarios de clase media y alta se observan los circuitos cerrados de seguridad, y las rejas que cubren ventanas y jardines vienen a complementar la protección de la  propiedad.

De un vecindario a otro se observan diferencias exponenciales en el tamaño de las viviendas, en el tipo de construcción. En los más favorecidos los coches de alta gama son la regla y no la excepción. En otros que podrían llamarse intermedios los pequeños comercios empiezan a ganar un poco de terreno pero la mayor parte de los usuarios son turistas que salen únicamente, y por recomendación de los locales, con lo estrictamente necesario entre los bolsillos.

En otros barrios en donde se observa una población modesta, los habitantes discuten en la calle o en el parque de la esquina.

Pero la experiencia más alucinante en esta ciudad se vive en el Museo del Apartheid, en donde desde la entrada queda claras las huellas de lo que implica la discriminación. En el momento de comprar el billete cada quién podrá tener acceso por una puerta distinta dependiendo de lo que se consideraba como como blanco o no blanco.

Es una experiencia única, dolorosa en imágenes, relatos y sonidos. La representación de las celdas de aislamiento, del proceso de juzgamiento en contra de los líderes de ANC en Pretoria. La descripción sobre las condiciones de detención, sobre los abusos cometidos en los Townships, sobre la lucha de los militantes que a veces desde el exilio seguían haciendo de su causa el trabajo de toda una vida.

Todo el proceso de reconciliación y la cronología de la llegada de Nelson Mandela al poder generan muchos interrogantes sobre el perdón, sobre la memoria y la aceptación de la diferencia del otro.

En un país como éste que aún sufre las heridas del horror colonial y las marcas profundas del Apartheid, ha sido crucial el compromiso del Estado con el acuerdo que permitió la reconciliación entre los sudafricanos, independientemente de su etnia, de su color de piel, de su origen, de la lengua natal, de la filiación política.

Sudáfrica tal vez tenga grandes desafíos por alcanzar en términos de equidad, garantizando  los derechos para las numerosas tribus que han existido milenariamente en su territorio, pero sin duda otorgando un lugar a quienes por generaciones han sido víctimas de la exclusión. El Estado y sus ciudadanos, tienen por delante el reto de no repetición de abusos por parte de una de las comunidades que habitan este gran país.

A lo mejor, el pueblo sudafricano tenga también que hacer frente a objetivos desarrollo económico más equilibrado y menos dependiente de las fuentes de energía tradicionales, que por demás atentan contra sus más grandes tesoros, los saberes ancestrales y su maravillosa diversidad humana y natural. En todo caso Sudáfrica  ha sido uno de los lugares más increíbles que haya podido visitar y disfrutar,  en mi memoria están grabadas muchas cosas que aquí no pude plasmar.  


[1] ALGUNAS PRECISIONES POBLACIONALES: La diversidad de los pueblos negros de Sudáfrica es importante pero no siempre está relacionada con una división étnica. En algunos casos la creación es de orden político y obedece al liderazgo de un líder local que constituyó su propio territorio y su legado, logró perpetuarse en el tiempo. Cada una de las etnias tiene su propia lengua oficial.

Existen dos tipos de grupos los Bantús y los Bosquimanos.

  • En el primer grupo, el de los Bantús existen varias divisiones. Los Ngunis que representan un poco más de la mitad de la población negra sudafricana. Hacen parte de los Ngunis los Zulú, Xhosas, Swazis, Ndebélé.

En el grupo de los Sothos por su parte corresponde a un tercio de la población negra, representados por los Tswana, Sotho del norte y Sotho del sur. 

Menos representativos se encuentran los Tsongas y los Vendas.

  • En el segundo grupo el de los pueblos no bantús se encuentran los Bosquimanos y los Hontentotes o Khöis.

Bajo el título de Afrikáners son designados los descendientes de todos los blancos que se instalaron en Sudáfrica durante varios siglos: holandeses y alemanes, franceses hugonotes y más tarde los ingleses de la época colonial.

Otras poblaciones blancas llamadas por los Afrikáners los Uitlanders – los extranjeros-, son personas que llegaron durante el siglo XIX mayoritariamente provenientes de Hungría y Lituania, algunos judíos europeos que llegaron entre finales del siglo XIX y comienzos del XX y últimamente griegos y portugueses que se fueron instalando después del proceso de descolonización.

HELP! The Police is coming…

Il y a plus d’une semaine, j’ai consacré quelques lignes à une réflexion à propos des scandales de corruption, d’écoutes illégales et d’abus commis par les Forces Armées et de Police colombiennes[1]. Des faits sombres qui sont dévoilés avec une fréquence préoccupante.  

Mais depuis dix jours, nous assistons à nouveau à des faits de violence policière aux Etats-Unis. Une violence récurrente envers les africains-américains et dont le dernier épisode, concerne l’assassinat de George FLOYD sous les genoux d’un policier.

Cet assassinat a fait sortir massivement dans les rues de l’union américaine des populations toutes confondues qui ne supportent plus ce cycle de violences. Dans les jours suivants, d’autres manifestations et rassemblements ont eu lieu dans d’autres pays, souvent devant les ambassades étasuniennes comme un geste de soutien envers les afro-américains, utilisant la consigne #Black lives matter ou encore #Justice for George Floyd.

Dans d’autres cas comme en France les manifestants qui réclamaient devant les palais de justice à Paris ont brandi le slogan « Justice pour Adama ». La défense et la famille d’Adama Traoré cherchent à prouver par les contre-expertises médicales la responsabilité des policiers dans la mort du jeune Adama le jour de son interpellation-décès.  

Certains d’entre nous avons uniquement la parole pour exprimer le sentiment d’indignation face aux abus et bavures policières. Même si la conjoncture Coronavirus interdit temporellement les manifestations, dans les pays démocratiques nous n’avons aussi ce recours pour montrer notre désaccord à grand échelle. Or, le renforcement des CRS, l’usage des gaz lacrymogènes et des armes « non létales » de façon habituelle finissent par nous faire peur et par restreindre notre liberté de protester. Certains d’entre nous avons peur de sortir et de ne pas rentrer, de subir de menaces, de finir borgnes, en résumé de cumuler des blessures physiques si douloureuses que les morales.

La population a peur car nous sommes seuls devant eux armés et visiblement sous couvert d’impunité. Même se décider à porter plainte devient un risque. Nous sommes susceptibles de vivre une revictimisation, de subir le racisme, et même de la dissuasion de porter plainte.

Les policiers, à différence de ce que certaines personnes pensent, ne sont pas des milices payés par l’Etat pour rétablir l’ordre à tout prix. Le rôle de la Police est aussi celui de veiller à la sécurité des personnes, des biens et des institutions. Elle n’a qu’un rôle répressif, elle doit utiliser ses moyens dans des démarches préventives, elle se doit de créer de ponts avec les citoyens, d’être médiateurs et non exclusivement de guerriers.

Or, certains policiers paraissent avoir oublié qu’ils doivent protéger toutes les personnes, sans exception, alors que les discours fascistes, racistes, misogynes, homophobes, se renforcent, comme cela a été présenté dans l’enquête de Mediapart et dans un extrait posté sur le site d’Arte Radio[2].

« …Persuadés de l’imminence d’une « guerre raciale », pour laquelle ils affirmaient stocker des armes, ces policiers (titulaires et « adjoints de sécurité », les emplois-jeunes de la police) accablaient d’injures tous les « ennemis de la race blanche » : les femmes (des « putes », même les policières), les Noirs (des « nègres »), les Arabes ( des « bougnoules »), les gens du voyage (des « putain de manouches »), les Juifs (des « fils de pute » qui « dirigent le pays » en compagnie des « gauchistes »), les homosexuels (des « pédés »). « Pour vivre heureux, vivons casher », plaisantaient entre eux ces policiers, soucieux de rester discrets sur leurs échanges. »[3]

Quel type de personnes sont recrutées pour garantir l’ordre et la paix de nous tous ? Quel type de formation et de suivi aux droits humains sont fournis ? A quelle fréquence ? Comment se réalise l’échange avec des policiers et la population issus de la diversité ? Comment identifier les comportements intolérables, violents, déplacées, hors la loi ?

La population qui confronte les abus devient une cible, les persécutions non seulement proviennent de la part de ces institutions, mais de la part d’acteurs politiques qui en quête de popularité se lancent dans des discours populistes de défense des infracteurs, des autorités violentes et abusives. Dans les meilleurs de cas il y a une condamnation morale, ou des suspensions transitoires, mais à quoi bon si les institutions ne sont pas en mesure de punir effectivement les infracteurs ?   

Identifier les opposants comme des cibles : gauchistes, communistes, féministes, militantes défenseurs de droits humains, c’est de les mettre dans les casses historiquement utilisées pour chasser les «ennemis internes».

Pour les personnes qui défendent ces propos fascistes, il est donc tout à fait normal de faire suivre les cibles, de les écouter (sans ordre judiciaire), de les menacer et encore de les « faire taire ». Pour les acteurs qui véhiculent le patriotisme et la protection des institutions sous le discours qu’il s’agit de quelques pommes pourris ou de cas isolés cela suffit pour se conforter à l’idée que le fonctionnement des forces de l’ordre est normal et le débat et clos.   

Corruption, meurtres par violences policières, abus d’autorité ce sont des comportements que le citoyen moyen accepte de moins en moins, car les forces de l’ordre sont à notre service, rémunérées avec nos impôts, ce qu’ils semblent avoir oublié. Les messages échangés entre membres de la police française sur un groupe de Whatsapp plus que nous laisser abasourdis par leurs propos, nous écœurent. 

Les faits prouvent que ces propos et ces comportements ne sont pas isolés, ils sont plutôt habituels, presque méthodiques comme l’indique le jugement du 20 mai dernier[4] à propos des faits commis par des policiers dans le XIIème arrondissement de Paris.

«Selon le Défenseur des droits Jacques Toubon, les contrôles d’identité répétés et abusifs, ainsi que les violences commises à leur encontre, relevaient non pas d’initiatives individuelles mais d’un système, d’une « discrimination systémique ». Il demande dès lors à la justice « d’interroger le ministre de l’intérieur sur la justification […] de telles violations », sur ce « harcèlement discriminatoire » mis en place »[5].

Ces contrôles discriminatoires et abusifs s’accompagnaient de propos racistes, d’agressions physiques et de transferts injustifiés au commissariat. En décembre 2015, dix-huit jeunes ont déposé plainte, notamment pour « violences aggravées », « agressions sexuelles aggravées », « séquestrations et arrestations arbitraires » et « discrimination ». Compte tenu du caractère systématique de ce harcèlement, les victimes ont tenu à concentrer en une seule plainte l’ensemble des faits subis entre 2013 et 2015.[6] 

La question se pose alors. Aller demander de l’aide lorsqu’on ne sait pas à qui on fait face : s’agît t- il d’un de ces policiers abusifs, ou corrompus ? Où est-on des enquêtes internes qui ne finissent en rien ? Pourquoi il n’y a pas des suites connues par la population ?

Ce mutisme de la part des autorités haut placées n’aide pas. Cela est perçu comme du négationnisme comme si les institutions ne supportaient pas leur remise en question. Ceux qui brisent la loi de l’omerta sont persécutés, mutés, dégradés par leurs collègues, ou arrêtés dans la course aux promotions. Alors à quoi bon réfléchir au lieu de se limiter à obéir ?

Changer de communication notamment sur ces cas médiatiques peut aider à regagner la confiance des citoyens. Cacher l’oppression, lever le pied sur les faits dénoncés par les médias indépendants nous font penser que le pouvoir politique, économique, ou encore les grands médias traditionnels sont des complices occultes des bavures et qu’ils justifient le discours de l’ennemi interne.

Nos sociétés jouent sur la retenue depuis longtemps. En temps de guerre on nous demande de soutenir nos institutions mais lorsqu’on constate que la faille institutionnelle est bien profonde, il est plus difficile de laisser faire et de laisser passer.

Nous attendons des réactions et des procédures claires de la part des autorités et non ce jeu éternel d’attiser la haine contre les communautés issues de la diversité pour créer des émeutes, utiles à éloigner l’attention du point focal.  

Des similarités dans le traitement de l’information par les médias, qui vont se concentrer dans les casses et les violences des manifestants, servent rarement à élever le débat pour discuter sur le fond de ce dégoût envers des institutions qui perdent la crédibilité des citoyens, ou encore à propos du manque de légitimité de la police pour garantir l’ordre.

Le débat doit probablement inclure la discussion sur cette déshumanisation systématique de l’autre afin de le contrôler, de le soumettre et de maintenir le statu-quo bénéficiant une partie de la population.  

Le passé coloniale a eu des conséquences néfastes sur les peuples qu’on subit la domination, le déplacement, le pillage, l’esclavage, la torture, l’abus sexuel, la mort. Aujourd’hui, ces conséquences sont visibles et ressenties par les citoyens de « seconde et de troisième catégorie », qui subissent quotidiennement le racisme. Celui qu’alimente la discrimination et les abus des forces de l’ordre à l’encontre des populations ayant une « origine réelle ou présumée » non blanc.  

Cette manière de penser arriérée et limitée n’est pas anodine. Les traces du passé coloniale n’ont pas fait le chemin de la honte, le révisionnisme historique est aussi à la mode. Le manque d’instruction dans la formation des enfants et des adultes français à propos des abominations commises par la France en tant qu’empire coloniale n’ont pas été assez discutées, assez graphiques, assez explicites pour que l’on comprenne qu’il n’y a pas de quoi se vanter.

Les policiers qu’on peut écouter dans les audio publiés par Arte Radio, vaticinant une guerre civil entre « bougnoules et noirs » font preuve entre autres, d’un manque de vision, de raisonnement. Leur étroitesse d’esprit, leur manque de recul et de connaissance de l’histoire, même de la plus récente, les empêche de voir qu’une guerre civile n’est pas un jeu vidéo, ni un simulateur de violences.

Pensent–ils vraiment que leurs sacoches pleines de jouets militaires vont servir pour les épargner à eux et à leurs familles des atrocités d’une guerre civil ? Pensent – ils vraiment que dans ce pays les blancs ne seront pas touchés par les violences entre « bougnoules et noirs» ?

A la manière de parler de ces policiers, on penserait plutôt aux types qui s’investissaient dans les croisades, complètement ignorants et guidés par la foi dans un dieu duquel personne n’a la preuve de son existence. Ces policiers semblent guidés par leur haine et leur racisme créé à partir d’un discours de supériorité raciale faux, comme la science l’a déjà démontré.

Vraiment ces policiers pensent la France comme un pays catholique où d’autres religions et manières de voir le monde n’ont pas de place ? Ce sont eux qui n’ont pas de place dans un Etat devant lequel ils se sont engagés à défendre les principes de laïcité et d’égalité.

Peut-être qu’il faudrait repréciser aux français au moins ces deux concepts pour éviter que les discours enflammés de la droite (de toutes les couleurs) ne véhiculent pas des idées erronées sur ce qui implique la laïcité; et pour éviter que l’égalité soit appliquée de façon aléatoire, discrétionnaire.  

Après le régime fasciste Italien, le nazisme allemand, la mise en place de l’Apartheid en Afrique du Sud, tous des régimes bâtis sur l’obsession d’établir la supériorité des blancs. Après d’avoir constaté les affreux dégâts de ces expériences, ces racistes n’ont toujours rien compris ?

Rajouter du kérosène à cette mèche déjà allumée tant en France comme dans des nombreux pays où le système économique et les conditions sociales se dégradent tous les jours, n’est pas souhaitable.

Mais faut – il continuer à se taire à propos des de violences policières systémiques ? Ou plutôt il temps de se souder les coudes et ensemble remettre en question la continuité des institutions dysfonctionnelles ? Des réformes profondes et un vrai engagement de part de la justice sont plus que nécessaires. Personne ne veut entendre des reformes cosmétiques, ni des procès cachés – internes qui favorisent l’impunité.

Va-t-on encore restreindre nos libertés sous l’excuse de maintenir ce qui visiblement ne fonctionne plus ? La vérité c’est que la montée de la grogne n’est pas injustifiée et que la colère ne cessera sans que des engagements réels soient envisagés par les pouvoirs publics. Même les bateaux les mieux construits ne sont pas insubmersibles.   


[1] https://mi-vida-en-cuatro-tiempos.com/2020/05/19/la-gran-manzana-podrida

[2]https://www.arteradio.com/son/61664080/gardiens_de_la_paix?fbclid=IwAR0vUCKfwhIqHYX5l1ZEse7Vr6pKsWRX8r5mLi2EVoV5UO-5t–9ElcbbXY

[3] https://www.mediapart.fr/journal/france/040620/bougnoules-negres-fils-de-pute-de-juifs-quand-des-policiers-racistes-se-lachent?page_article=1&fbclid=IwAR2w0QqAqGj_rqs_O_wmZ44lzhMT0j9OcyxAl9UywDhTwMcKkFeAMiOOvWw

[4] https://www.mediapart.fr/studio/documentaires/france/police-illegitime-violence-chronique-des-abus-ordinaires-contre-les-indesirables

[5] https://www.mediapart.fr/journal/france/020620/le-defenseur-des-droits-denonce-la-discrimination-systemique-pratiquee-par-la-police

[6] Idem

Cuestionando Referentes

Hace un par de días vengo pensando en algo que me hace ruido desde hace tiempo y que ya había logrado tocar en otras entradas: en El Dorado – Melting Pot d’identité (…), en Jeu de Guerriers Intemporel, pero también un poco en el artículo sobre el Machismo.

Se trata de trazar un poco los discursos y contenidos que llegan a nosotros y de verificar qué tan desarrollado tenemos nuestro sentido crítico, como para poder discernir si se trata información acomodada o si se quiere conveniente, y en ultimas, poder establecer si el discurso o si el conocimiento tiene hoyos por donde se puedan colar cuestionamientos.

Partiendo desde el análisis de los conocimientos que adquirimos durante la infancia y que van aumentando con el paso de los años, es claro que nuestros saberes y nuestras conductas empiezan a llenarse de lugares comunes que nos construyen como individuos de una sociedad. Al mismo tiempo, para hacer parte activa de esa sociedad, resulta evidente la creación de recursos de identificación y de pertenencia.

Pero ¿Qué pasa cuando esos recursos son cuestionados de un momento para otro? ¿Qué pasa cuando otra persona, circunstancia o  experiencia nos permite revisar lo que creíamos que era evidente, claro o fijo?

Me encanta la historia del mundo, de los pueblos, de los países y por supuesto de las personas. Esa curiosidad me ha llevado a pasar horas de mi vida viendo documentales y series, asistiendo a conferencias para escuchar relatos “reales”, haciendo preguntas a desconocidos, leyendo y visitando lugares que para mí tienen un valor y un significado especial.

Justo durante el fin de semana, sentada en mi sofá viendo televisión, pasaba canales y terminé por detenerme en una emisión sobre François I (Francisco I de Francia). “El rey de reyes” era el título del documental.

Tal vez porque conozco un poco o tal vez suficiente de la historia de mi país de adopción, incluso desde antes de poner un pie aquí, empecé deconstruir todo el discurso del documental que giraba en torno a la vida personal del monarca, pero igualmente a los logros políticos del personaje.

Francisco I es una figura que reúne a los franceses en torno a una historia común, al inicio de un periodo más vistoso y clave en la formación del Estado, justo después de la convulsa Edad Media.

Sin embargo, la narrativa utilizada empezó a despertar mi sentido crítico en cuanto empecé a escuchar el discurso patriarcal y machista sobre un monarca viril y “evidentemente” mujeriego. Un discurso que arropado por el poder, justifica el hecho de que el Rey trajera a vivir sus amantes a la corte, mientras embarazaba cada que le era posible a una esposa fea, coja y bizca, Claude de Francia. Esta última, quien por medio de alianzas familiares se convirtió en reina, tenía solo dos funciones: legitimar el poder de su esposo y el de darle herederos masculinos que pudieran ocupar el trono real a la muerte de Francisco I.  

Todo eso que se normaliza en el discurso, sigue siendo validado después de quinientos años, en muchas de nuestras sociedades. El “rey de reyes” terminaría sus días aquejado por problemas de próstata, causados por las ETS (Enfermedades de Transmisión Sexual) producto de una promiscuidad que vivió sin condones a la mano, para limitar los riesgos.  

Resulta un poco paradójico que en una sociedad que se dice igualitaria, al menos en el papel, y a sabiendas que la mentalidad machista lleva todos los días a que la tasa de feminicidios aumente (y que se dispare durante el confinamiento), tengamos derecho a la casi validación sobre la posesión del cuerpo femenino por parte de un  hombre que puede permitírselo. La emisión fue grabada hace pocos días, pues el presentador alude a la suerte que tiene de pasear por lugares que normalmente estarían atestados de gente.

Se entiende que los expertos invitados hiciesen referencias a “hechos históricos” y que estos no pueden modificarse, pero es la manera en la que son narrados que reflejan una suerte de reivindicación, y de normalización de comportamientos lamentables que no son cuestionados.  

El discurso del gran monarca del renacimiento que financiaba trabajos arquitectónicos sin iguales, construcciones magnificas como la de los castillos de Chambord, y del Louvre, también me procuraron sorpresa.  

Los expertos olvidaron mencionar que la planeación de esos proyectos fue errática y que tal como le pasaría a Napoleón Bonaparte siglos después, estos grandes personajes indecisos y egocéntricos terminaban por retrasar el desarrollo de su legado arquitectónico. Aquello implicaba que los costos se dispararan y que el pueblo terminara pagando con sus impuestos, las extravagancias de quienes se mantenían en el poder.

Campesinos y obreros que no dudaban del poder divino del rey, ignoraban que éste solo había planeado dormir 70 días al año en su nuevo castillo. Ignoraban también que las finanzas estatales estaban en mal estado, y que a la corte, una tropa constituida por lo menos 100 personas que iba moviéndose por todo el territorio junto al rey, había que garantizarles su seguridad. Esta última también pagada con los impuestos de la gente.

Que el pueblo contribuya a los gastos para el mantenimiento del Estado no es nuevo, lo que no se ha podido cambiar es el peso que tiene para el presupuesto público el mantenimiento de algunas instituciones inútiles, o el de los zánganos que acompañan a los gobernantes de turno, sea en visitas internacionales o financiando lujosas fiestas y reuniones que, en Francia en todo caso, hizo rodar literalmente las cabezas de Luis XVI y de la reina Maria Antonieta de Austria a finales del siglo XVIII.

De otra parte, el documental también hizo alusión a las características que calificaban a Francisco I como un visionario, estadista y gran gobernante europeo. En realidad su egocentrismo propulsó la guerra que estalló contra la Inglaterra de Enrique VIII (otro narciso), un conflicto que siempre estuvo marcado por las alianzas paralelas de Francisco I o de Enrique VIII, con el « más » de aquella época: el emperador Carlos V.

No es posible que a estas alturas intenten vendernos a Francisco I como si hubiese sido un gran gobernante. La ecuación era simple: o el tipo se alineaba con el emperador o sería su enemigo quien lo hiciese. El sistema de alianzas no le permitió al rey de Francia ser decisivo en la escena internacional como pretenden hacer entender. La Francia de 1515 -1547 dependía tanto de sus aliados, como la Francia de la Resistencia, que durante y después de la II Guerra Mundial, tenía que esperar y adaptarse a lo que sus aliados le quisieran dar.

En algún momento evocaron incluso el hecho de que  Francisco I fue “tolerante” con los protestantes pero que por el “abuso” de estos últimos, quienes se atrevieron a dejarle un panfleto pegado a la puerta de su habitación, el buen monarca habría decido que los protestantes no beneficiarían más de su compasión. Bienvenida la guerra entre hugonotes y católicos que devoraron a Francia y paralelamente a toda Europa durante dos siglos.

¿Cómo se puede hablar de tolerancia, de paz, cuando las acciones y decisiones de un dirigente están encaminadas a reducir mental y psicológicamente al que es diferente, a desterrarlo si es “necesario”, a prologar la guerra, a eliminar físicamente al enemigo? ¿De dónde proviene la necesidad de pasar por encima de los demás y de no cumplir los acuerdos pactados?

La cereza sobre el pastel vendría por cuenta de una frase bastante aterradora que hacía referencia a la construcción de Francia según los expertos “como la conocemos: una sola lengua, una sola religión, una monarquía absoluta (…)”.

Nada más impreciso que esa afirmación, si bien muchos aun la creen cierta al cien por ciento. Es con Francisco I que se impone la lengua francesa como oficial: utilizada en el mundo administrativo y como vehículo de ascensión social, gracias a la Orden de 1535 de “Villers-Cotterêts”. Esa orden provoco que lenguas locales como el breton, el bourgignon, el limousin y el gascon, fueran  cayendo en desuso.

Pero incluso durante la primera mitad del siglo XX muchos niños aprendían la lengua francesa en la escuela, aunque en sus casas se hablara Occitan o Catalan, como me lo transmitieron algunos abuelos que conocí a mi llegada a este país.

La imposición cultural que supone la lengua, la conocemos bien en América. Por lo que concierne a África y a la Indochina Francesa, algunas antiguas colonias conservaron el francés como lengua oficial y administrativa; pero en general han logrado mantener las lenguas locales y algo de su propia identidad.

La lengua se erige como un vehículo de dominación que limita también al que no tiene destreza en la misma, aunque haya decidido voluntariamente adoptarla como segunda o tercera lengua.

La dominación también se ejerce por medio de la religión. Tal vez, la única referencia que tenemos en América es de origen colonial, ligada a la destrucción de los ritos locales, de los saberes ancestrales y a la  persecución de la “Santa Orden de la Inquisición”.

Pero en Francia esta dominación a través de un Dios o de una religión como el catolicismo no se detuvo con la Revolución Francesa. Hoy el concepto de laicidad se usa para excluir, para discriminar, para perseguir. La laicidad emblema de Francia junto a la libertad, igualdad y a la fraternidad, es vehiculada por actores políticos y medios de comunicación para crear nuevos conflictos sociales.  

Aunque muchos de nuestros gobernantes son laicos y hasta ateos, una buena parte se identifica como católicos y en ese sentido, sus decisiones pueden ir en contravía de la defensa y de la libertad de cultos; en contra del respeto a quien practica una religión diferente, regida por códigos que van más allá del pensamiento y que son visibles.

Ya no son los protestantes los que generan la animadversión de los franceses practicantes católicos, sino los musulmanes, quienes cargan la mayor parte del tiempo con una segunda variable discriminatoria, la de ser hijos del antiguo imperio francés, la de los migrantes de toda África, de la antigua Indochina y del Caribe. 

Es claro que en Francia la monarquía cayo hace siglos, que ya bajo una Quinta República se ha logrado consolidar un régimen democrático y limitar la presidencia a un periodo de cinco años. Sin embargo, la manera de “gobernar” de algunos presidentes puede dar lugar a ciertas dudas. 

En Francia se habla de Emmanuel Macron como un monarca. El presidente más joven de la Quinta República hace parte de esa clase de hombres políticos desconectados de la realidad, de lo que pasa en el territorio, de lo que se vive en los departamentos de ultra-mar.

Macron es lejano a los barrios marginales, ignora las demandas de los chalecos amarillos, de las centrales obreras. Hace oídos sordos a los llamados de atención de los colectivos feministas y LGBTIQ que reclaman sus derechos; desconoce e incluso parece antipático ante los pedidos del personal médico, de los maestros, de los cuerpos de bomberos y hasta de algunos cuerpos policivos, que reclaman a su gobierno mayores recursos públicos que permitan el funcionamiento de lo que queda del Estado de Bienestar.

Ese Estado de Bienestar al que neoliberales como Margaret Tatcher en el Reino Unido y Ronald Reagan en Estados Unidos quisieron destruir a toda costa en los 70’s, para entregárselo a los privados. Un modelo que desafortunadamente se regó como pólvora por el mundo y que ahora en tiempos de epidemia, los franceses vuelven a apreciar y creo lucharan por conservar.

Francia es otra cosa que la definición dictada por un documental carente de análisis histórico y de sentido crítico.

Este es un país en donde sí la lengua francesa es la lengua oficial, pero en donde cada esquina alguien puede estarse comunicando en una lengua completamente extraña al oído.

Es cierto, mantiene una carga de dominación política y cultural, ligadas a lógicas de esclavitud que le permitieron obtener su riqueza; pero todos los días tiene que hacer frente a las consecuencias de las decisiones tomadas por monarcas, emperadores y presidentes con ínfulas de reyes, que definieron el curso de su historia.

El arte, la lengua, la cultura en cualquiera de sus manifestaciones, también son reflejo de interacciones que no pueden desconocerse, que portan una historia que no siempre es positiva y digna de gloria. Muchas veces es vergonzosa y está construida sobre un imaginario falso, o sobre cientos de miles de cuerpos.

Vale la pena aprender a deconstruir la historia y las historias, para evitar que los crímenes y los errores de pasado se repitan en ciclo. Vale la pena cuestionar los relatos de los poderosos para entender de qué lado de la ecuación nos posicionamos. Vale la pena hacer memoria y recordar que la gloria de los imperios se construyó a partir del dolor de otros pueblos. Vale la pena recordar que somos parte de esos pueblos, comunidades, colectivos y que no tenemos por qué tragar todo entero, así el cuento parezca bonito, sonoro y bien contado.

La Gran Manzana Podrida

En las últimas semanas he escuchado de diferentes fuentes comentarios, reflexiones y análisis sobre los « nuevos” escándalos que comprometen a las fuerzas militares colombianas.

Comenzaré por las escuchas que miembros del Ejército Nacional habrían realizado de manera ilegal hacia periodistas, miembros de partidos de oposición del gobierno actual, jueces, líderes sociales y defensores de derechos humanos, principalmente[1].

El discurso de defensa “institucional” ha sido el de reafirmar una vez más que se trata de algunas “manzanas podridas” que habrían decidido por su propia cuenta, de poner en marcha seguimientos o  perfilamientos a quienes aparentemente serian “una amenaza para la seguridad nacional”.

No se entiende como una vez más se vuelve a servir el mismo plato sin que la sociedad colombiana de muestra de estar cansada de comer lo mismo.

Tampoco se entiende la inoperancia de los organismos de  control y mucho menos por qué no se ha abierto la posibilidad de reformar instituciones que parecen estar completamente podridas. En  promedio cada dos años las Fuerzas Militares se convierten en titular noticioso, por cuenta de los mismos hechos. Cada vez ruedan las cabezas de unos cuantos miembros de la cúpula militar, de unos cuantos subordinados – oficiales y suboficiales quienes habrían sido los que ejecutaron las escuchas o los seguimientos.

Algunos que proponen seguir defendiendo la institución a punta de un patriotismo trasnochado, parecen olvidar que si se tratara de solo algunas “manzanas podridas”, las sucesivas purgas que tienen lugar después de cada escándalo, habrían sido suficientes, no solo para lavarle la cara a la nueva cúpula, sino para de paso otorgarle un poco de legitimidad a las acciones del Estado.

Fuera del escándalo de las escuchas y seguimientos, están los casos de las ejecuciones extrajudiciales que reventaron nuevamente el año pasado por una directiva militar, denunciada por un periódico extranjero y que traería de vuelta los mal llamados “falsos positivos”[2]. A lo anterior, se suman los escándalos a propósito de la poca o ninguna protección de las zonas de reincorporación de los combatientes de las FARC que estarían cumpliendo con lo acordado en el proceso de paz y quienes están siendo asesinados, sin que exista alguna acción para evitar que esto se repita.

La contratación multimillonaria que recae sistemáticamente en hechos de corrupción[3] parece contar viejas historias sobre contratos amañados para suministros de intendencia, alimentación, dotación y prestación de servicios para las fuerzas militares.

Es decir más de lo mismo. Cada vez se anuncian investigaciones internas y por parte de la Contraloría que nunca terminan en nada. Fuera del dinero que la cooperación internacional aporta a las fuerzas militares colombianas, la mayor parte de los colombianos olvida que uno de los rubros más pesados para el presupuesto nacional es el que se dirige al sector defensa: 35.6 billones de pesos[4].

Es decir que el dinero que todos los colombianos aportan con a través de sus impuestos, se está desviando en el pago de contratos corruptos y contribuye al pago de oficiales y suboficiales que están cometiendo delitos, es de decir les pagamos para que delincan.  

Pero el 17 de mayo pasado un noticiero independiente, el único que parece haber en Colombia, denunció que miembros de las fuerzas militares estarían comunicando información a clanes mafiosos, abiertamente conocidos en el norte del país, los cuales operarían desde la Guajira. Estos delincuentes tendrían en su poder las coordenadas de las patrullas colombianas e internacionales que se encargan de realizar acciones de interdicción marítima y aérea, para evitar el tráfico de cocaína[5].

Al mismo estilo de la venta de “datos” a los paramilitares que hacía el antiguo DAS (Departamento Administrativo de Seguridad) ahora resulta que quien sabe cuántas y qué estructuras conocen de antemano los operativos programados por la fuerza pública y de los países cooperantes en la fallida lucha contra las drogas.  

La cereza sobre el pastel, deriva de otro escándalo por cuenta de unos mercenarios estadounidenses, venezolanos y miembros de la oposición venezolana que estarían planeando desde Colombia una acción armada en contra de Nicolás Maduro, presidente de Venezuela[6]. Sin olvidar que hace menos de ocho días y como por arte de magia tres lanchas artilladas pertenecientes a la Armada Nacional, terminaron navegando en el rio Meta del lado venezolano de la frontera[7].

¿Cómo se explica que con todo el desfile de Ministros de Defensa que hemos tenido en Colombia ninguno haya sido capaz de proponer una restructuración de las fuerzas armadas, a pesar de tantos escándalos que no terminan en nada?

¿Cómo justificar que sin importar el presidente que esté en el poder, durante los últimos 18 años se hayan conocido por menos 3 grandes escándalos de escuchas ilegales y todavía no se sepa quiénes son los beneficiarios de la información, ni quienes las ordenaron  y con qué fin?

En ésta serie de escándalos, incluido lo relacionado con los planes para deponer a Maduro, los cuales aumentan la tensión de las ya traumáticas relaciones con Venezuela ¿Cuál es el rol del Ministerio de Relaciones Exteriores- Cancillería? Aparte de inventarse estrategias fallidas para deponer a un gobernante de otro país y de avalar afrentas contra otros, como la de aplaudir que Cuba haya sido incluida dentro de los países patrocinadores del terrorismo internacional por el gobierno de Donald Trump ¿Qué tipo de trabajo interministerial se está realizando para evitar problemáticas bilaterales mayores con estos países?

¿Tienen los responsables de la Cancillería algún conocimiento sobre derecho internacional y diplomacia? Las decisiones o la falta de ellas son por decirlo menos, vergonzantes. ¿Quién está a cargo realmente de las relaciones internacionales en Colombia, tanto de las agendas bilaterales y de la  estrategia diplomática de Colombia ante organismos multilaterales?

La canciller desde que la nombraron ha brillado por ausencia, y quien le legó el puesto, hoy Ministro de Defensa, no se sabe si cumple un doble rol.

Incluso durante una emergencia mundial que demanda cooperación y refuerzo acciones con los países limítrofes y teniendo en cuenta la crisis humanitaria que viven los migrantes venezolanos móviles en todo el territorio nacional, ¿no serían éstas razones suficientes para escucharlos decir algo sobre lo que el gobierno colombiano planea hacer al respeto o sobre cómo coordinar acciones con otros ministerios, organizaciones internacionales, organismos multilaterales?

En plena pandemia del Covid-19 nadie quiere saber, ni oír el mismo disco rayado de las “manzanas podridas” o de “rodear” a un estado corrupto a todo nivel, que más que solidaridad provoca vergüenza y bastante miedo. Mientras unos luchan por sobrevivir a la crisis sanitaria y económica que ya golpea a millones de personas, todos estos hechos son barridos bajo el tapete, dejando como telón de fondo un gobierno que palidece cada día ante realidades existentes desde que tengo uso de razón; pero que ellos hasta ahora parecen descubrir.

No creo que nadie con dos dedos de frente y habiendo terminado por lo menos la primaria, se coma el tal cuento de las “manzanas podridas”. La verdad que a muchos nos duele constatar es que las fuerzas militares colombianas son una “Gran Manzana Podrida” y que ya es hora de hacerles una intervención real, seguida de medidas judiciales que permitan establecer responsabilidades a todo nivel (militares y civiles) o si resulta mejor, empezar a sembrar otro tipo de fruta.


[1] https://www.aa.com.tr/es/mundo/la-revista-semana-de-colombia-denuncia-que-en-el-ej%C3%A9rcito-se-hicieron-escuchas-ilegales/1699961

[2] https://www.nytimes.com/es/2019/05/18/espanol/america-latina/colombia-ejercito-falsos-positivos.html

[3] https://pares.com.co/2020/01/08/descubren-corrupcion-en-contratos-del-ejercito/

[4] El sector de Defensa quedó en segundo lugar en el nuevo presupuesto en cuanto a recursos asignados. Contará con $35,8 billones, de los cuales $34,7 billones pagarán los gastos de funcionamiento y $1,01 billones irán para inversión. El Gobierno hizo una adición de $385.000 millones con el propósito de mejorar el equipamiento de las Fuerzas Militares y la Policía. https://www.dinero.com/economia/articulo/como-quedo-el-presupuesto-nacional/278568

[5] « Los Pachencas » obtuvieron documentos secretos de ubicación de naves de la Armada que los vigilaba: https://www.youtube.com/watch?v=Ra3uSDGL9sw

[6] https://www.semana.com/nacion/articulo/operacion-suicida-la-historia-del-plan-para-derrocar-a-maduro/670234

[7] Tres lanchas de Armada colombiana, incautadas en aguas venezolanas con armas y sin tripulantes : https://www.youtube.com/watch?v=UpwANrR-qeY


Foto: http://www.manzanaspodridas.com/

Un Jeu de Guerriers Intemporel

Les premiers souvenirs de Sarah remontent à ses six ans. Au vieil « patio » de la maison de sa grand-mère où toutes les après-midis son arrière-grand-mère s’asseyait pour lui raconter des histoires. Sarah qui était le nom de toutes les deux, est un prénom qui porte à la fois plein de significations, ayant pour référents principaux les religions monothéistes.

Les deux Sarah séparées par plusieurs années étaient des personnes joyeuses et curieuses. La plus âgée, l’arrière-grand-mère, était une « Storyteller » une personne qui a fait de raconter d’histoires son métier. Inventées ou pas, transmises de génération en génération, ses contes venaient remplir les vacances de la petite Sarah.

A deux mille kilomètres de son domicile, les vacances de Sarah étaient toujours riches en aventures, nourries par les souvenirs et les contes de son arrière-grand-mère qu’au fil des années elle connaissait par cœur. Des contes que seulement une personne vivant dans un monde si différent du sien pouvait concevoir et relater avec la confiance de celui qui s’approprie un récit.  

La petite Sarah a toujours gardé dans sa mémoire le sens du détail, chaque couleur, chaque arôme, chaque endroit, étaient décrits d’une façon unique, plein d’émotions, une fenêtre qui ouvrait l’accès à d’autres cultures, une invitation à formuler plus de questions.  

La demeure où Sarah la plus âgée a passé ses dernières années, et où la plus jeune venait pour les vacances, était la seule du quartier du Galata à être bâti suivant une architecture qu’on peut retrouver dans les anciennes villas gréco-romaines, dans les maisons traditionnelles de l’Afrique du nord, ou bien en Andalousie et par extension, dans les maisons coloniales d’Amérique Latine.

La disposition grosso modo était la suivante : une maison d’un étage maximum, des espaces intérieurs grands et aérés, des murs de couleur blanche, sauf dans certaines pièces où le carrelage était un collage de diverses tonalités de bleu, accompagnées par de touches du blanc et jaune bien reparties. Le jardin ou « patio »  central orné de fleurs et de petits arbustes empotés, doté d’une fontaine au milieu, laquelle s’érigeait non seulement comme une simple source d’eau, mais comme fidèle témoin de fêtes familiales, de jeux infantiles, d’échappées nocturnes et bien-sûr comme la scène d’une « Storyteller ».

C’était aux pieds de la fontaine ou la petite Sarah s’asseyait pour écouter les contes de la vieille Sarah. A ses vingt-sept ans Sarah pouvait toujours se rappeler des princesses rebelles qui échappaient à un destin sûre ; des ballerines qui couvertes de voiles de couleurs vives concurrençaient pour obtenir plus de notoriété dans la cour; des histoires de belles sorcières qui maquillaient leurs yeux de manière presque artistique et qui pouvaient contrôler le monde avec le regard et la pensé.  

Inspiré peut être des stéréotypes véhiculés par les contes, Sarah a ressenti rapidement le besoin de tresser ses cheveux, de les soigner, de les laisser pousser. En guerre contre une modernité qui demande d’être plus pratique et de changer en permanence la couleur et la forme des cheveux, Sarah gardait ses chevaux longs, bruns et soignait les petites boucles naturelles qui se formaient après les avoir brossés.

La mémoire de la petite Sarah, maintenant une femme adulte, gardait aussi l’odeur des oranges saupoudrés de cannelle, le dessert préféré de son arrière-grand-mère qui rajoutait aussi un peu de miel, de temps en temps.

Lorsqu’elle était une petite fille sa curiosité l’amenait à analyser pendant des heures les dessins présents sur les carrelages, sur les tableaux exhibés dans le salon, sur les motifs dessinées sur la vaisselle et parfois sur le tissu des vêtements portés par les amies de sa grand-mère.  Plein de couleurs, où le bleu prédominait, les formes naturelles des fleurs, d’oiseaux, des formes géométriques présentés de manière désorganisée; Sarah avait l’impression que toutes ces formes dansaient entre elles, comme si l’objectif initial était celui de tout mélanger pour que chacun puisse faire sa propre interprétation.

Grâce à ces souvenirs, Sarah a eu l’idée de s’inscrire à des cours de peinture. Rien de plus frustrante pour une adolescente qu’assister à des cours où la liberté est encadrée par la discipline et par le suivi strict des règles qu’elle ne voulait pas accepter. Plus tôt que prévu, les pinceaux et les aquarelles ont été placés dans le placard de l’appartement où elle a grandi. 

Un grand vide occupait la vie d’une Sarah qu’à l’âge adulte avait « essayé » toutes les arts. Elle avait rapidement débordé ses parents, eux à la fois pratiques et exigeants, voulaient qu’elle fasse des études universitaires, qu’elle puisse à ses vingt-sept ans trouver un travail stable et une autonomie qu’eux avaient acquis plutôt, à leurs vingt-trois ans.

A leur arrivé à Paris, les parents de Sarah étaient tous les deux des réfugiés d’une trentaine d’années, travailleurs acharnés, ils devaient étudier et élever une fille de douze ans, au même temps qu’ils assistaient depuis leur poste télé à l’écroulement de leurs pays, avec leurs familles à intérieur. A différence de Sarah, ils n’ont jamais connu le support financière, ni émotionnel, d’une famille derrière eux.

Les parents de Sarah, ne partageaient pas leur nationalité de naissance, certes tous les deux avaient grandi à l’est de l’Europe, mais dans leurs familles « l’origine » était assez divers pour considérer que leur histoire était attachée à un seul pays. Passée de mains en mains entre les diverses puissances de chaque époque, ces pays ont fait partie de l’Empire Romain, puis de l’Empire Byzantin, de l’Empire Ottomane, de l’Empire Austro-Hongrois, puis de la Yougoslavie.

Avant l’éclat de la Guerre des Balkans vers 1979 les parents de Sarah se sont connu et ont commencé leur vie commune. Dès que Sarah avait quatre ans, ils partaient en vacances toujours vers la même destination, la Turquie. Une tradition qui s’est perpétuée dans le temps, bien après les décès des aînés. D’autres membres de la famille maternelle de Sarah, ne visitaient plus la maison, elle n’était pas en ruines mais elle était loin de se trouver bien conservée.

Le refus de l’Union Européenne qui permettrait l’accès de la Turquie comme pays membre en 2007, avait reporté les plans d’investissement et rénovation de la maison. La mère de Sarah avait pensé à racheter les parts des autres héritiers pour conserver cette pièce d’histoire familiale. Mais vers la fin de l’année la maison avait été mise en vente dans un marché immobilier très dynamique.

Sarah voulait faire un dernier voyage, une dernière visite à cette maison qui fut la source d’une imagination hors pair et où elle a fait évoluer la curiosité qui l’accompagnait depuis qu’elle avait conscience de l’avoir.

Avec un peu d’appréhension, Sarah  a trouvé le courage de demander à ses parents un peu d’argent pour payer le billet d’avion Paris – Istanbul. Le peu de l’argent qu’elle avait économisé, des revenus obtenus grâce aux « petits boulots » toujours instables et rarement déclarés, seraient mis à disposition pour répondre à ses besoins pendant quinze jours, avant que la vente de la maison fût formalisée.

Placé non loin de la Corne d’Or sur la partie européenne de la ville, près des berges du Bosphore, l’ancien quartier de Beyoğlu, était devenu l’un des lieux prisés par des nouveaux riches et aussi par des familles traditionnelles qui ayant expérimentée une amélioration financière ont décidé d’agrandir leurs propriétés en achetant les maisons environnantes, dégradées ou abandonnées au cours des années 1950.

Les questions de Sarah à propos des visites récurrentes à la cette ville et aussi à propos du besoin éprouvé par ses parents pour qu’elle apprenne le turc, une langue qui était complètement différente de leur langue maternelle et aussi très éloigné de leur langue d’usage, n’ont jamais été résolues.  

Vers ses seize ans, ses parents lui ont appris quelques mots en anglais pour se communiquer avec les locaux. Celle-ci était la langue la plus utilisé par les touristes. Puis, peu à peu Sarah était plus attentive aux mots turcs prononcés par les habitants, rigoureusement elle les notait sur le petit calepin qu’elle portait toujours. Elle les écrivait à partir d’un registre sonore, essayant d’imiter la prononciation, et avait décidé de mettre de côté la composition graphique, ou encore l’orthographe des paroles.

La plupart du temps, Sarah et ses parents se baladaient dans tous les coins de la ville : de la place Taksim aux Grand Bazar et à celui des épices, de la Mosquée Bleue au Parc de Gülhane. Elle se souvenait des voyages en bateau sur Bosphore et de ces visites à l’Atatürk Arboretum.

L’eau c’était l’élément clé de la ville, celui qui attirait d’avantage son attention. L’eau qui coulait dans l’aqueduc de Valens pendant de siècles[1], ou celle qui cours toujours dans les trois citernes[2] souterraines de la ville. Les cours d’eau qui ont fait de l’Istanbul Byzantine et Ottomane une source d’inspiration des livres d’aventures et le lieu idéale d’espions et de conspirateurs au cours du XXème siècle.  

Au cours ce dernier voyage, elle a essayé de retrouver ses pas, de ressentir les mêmes arômes, d’expérimenter des émotions et parcourir avec sa mémoire les histoires racontées par son arrière-grand-mère.

Capitale de deux empires, pont entre deux continents, axe tournante entre civilisations, lieux de dispute religieuse. La grande Istanbul qui a vu tomber son statut de capitale devant Ankara, conserve toujours les traces de son grand passé. Ces traces lui ont permis de gagner le nom de capitale culturelle d’un pays qui continue à se débattre entre son passé riche et bouleversant et celui qui cherche à se mettre à jour en termes de modernité et participer au jeu des grands acteurs de la géopolitique mondiale.

Sarah a mûri avec les histoires des Seldjoukides[3], de Tamerlan[4], de Mehmet II[5], de Soliman le Magnifique[6], ou encore du bien connu Atatürk[7].  Loin de tous ces mondes circonscrits dans des territoires très vastes, elle rêvait de les parcourir et d’apprendre un peu plus d’histoire, d’essayer de comprendre au moins en partie le fonctionnement de un empire qui a façonnait sa famille.

Un «empire qui réunissait Turcs et de Slaves, Arméniens et Grecs, musulmans et chrétiens, mais aussi des sujets fidèles provenant des Balkans »[8]. Ce grand empire a été créé par des clans nomades qui se déplaçaient par les steppes à cheval, habitués à s’approprier le bétail, les biens et les femmes qu’ils retrouvaient à leur passage.

La dernière visite à la maison de son arrière-grand-mère l’attire vers des anciens documents gardés précieusement dans l’une des malles qui occupaient son ancienne chambre. Des documents qu’elle était incapable de lire ou de comprendre. Inquiète par le contenu des documents, elle se confie à sa mère qui la met en contact avec l’un de ses amis : un historien et linguiste qui avait son bureau près de la Tour de Galata.  

Sarah découvrira que les documents font partie du récit de vie de Malkoç, un membre de sa famille qui avait été janissaire. Il s’agit de l’histoire d’un homme qui a été recruté à un très jeune âge dans sa petite ville chrétienne en Bosnie, puis amené à Constantinople où il avait été formé pour appartenir à l’ordre d’infanterie la plus réputé dans de l’Empire Ottoman pendant quatre siècles, celle des janissaires.

Depuis le XVème et jusqu’au XIXème siècle, les enfants des Balkans : serbes, croates, bosniaques, albanais et hongrois, fournissaient à l’Empire Ottoman les soldats et le personnel administratif dont il avait besoin pour son fonctionnement.

Malkoç, comme d’autres enfants entre les dix et les dix-sept ans avaient été choisis comme des serveurs potentiels du sultan. Tous les quatre ans, les enfants étaient pris à leurs familles, les plus souvent à celles qui avaient plusieurs enfants, ou à celles qui n’avaient pas arrivé à soudoyer les autorités locales pour éviter que leur enfant soit sélectionné.

A différence des autres territoires de l’empire, les enfants des Balkans pouvaient être assujettis aux ordres de l’empire. En réalité, en raison de leur religion chrétienne, ils étaient considérés comme esclaves. L’islam interdit l’esclavage de sujets pratiquant cette religion.

Bien que l’empire Ottomane permettait la liberté des cultes, il demandait à tous les sujets non musulmans de verser de taxes, afin de pouvoir pratiquer leur religion respective et à la fois l’impôt assurait la « protection » des familles en cas menaces ou d’actes violents à leur encontre, commis par  d’autres communautés religieuses.  

Malkoç comme les autres garçons qui avaient été sélectionnés dans sa ville natale, avaient été amenés à passer des épreuves, utiles pour identifier leurs capacités, entre autres vérifier leur capacité à apprendre la langue turque. Ceux qui étaient moins talentueux devaient partir travailler gratuitement chez les paysans locaux. Une fois arrivés à l’âge adulte Malkoç et les autres intégreraient le corps de janissaires.

Pour les garçons les plus doués, ils n’étaient pas mis à disposition des paysans. Ils partaient directement vers la cour du sultan au Palais de Topkapi. Sur place, ils recevaient une éducation qui éventuellement leur permettrait de servir le sultan directement soit comme aide personnel, soit comme commandant des janissaires, ou dans d’autres postes hiérarchiques au sein de la cour.

Malkoç en tant que janissaire ne pouvait pas se marier, ni former une famille. Dans les documents retrouvés par Sarah, il avait bien un échange de lettres avec une fille de sa ville qui lui avait été promis en mariage. L’historien lui a expliqué que cela a été possible car l’armée des janissaires avait été dissoute en 1826.

Or, trouver une femme à la convenance de Malkoç avait été problématique, il ne pouvait plus épouser l’une des filles des familles proches de la sienne.  Au moment de rentrer en Bosnie, Malkoç avait changé, non seulement  à cause du  trauma initiale d’avoir été arraché à sa famille, mais aussi par une formation militaire qu’il ne souhaitait pas ou encore pour le travail dans les champs qui avait été si dur et perturbant, à cause des abus fréquents.

Comme la plupart des janissaires, Malkoç a fini pour se convertir et devenir musulman. Il a fait comme tout le monde, il voulait se fondre dans la masse et ne pas porter plus de responsabilités que celles qu’on lui avait déjà attribuées.

Mais à son retour en Bosnie, la méfiance envers lui était installée. Sa famille étaient l’une des peu familles chrétiennes qui restait sur place, certes ils n’ont jamais été nombreux dans un territoire majoritairement musulman, mais il ne restait qu’un tiers des familles chrétiennes qui avait à son départ.

Malkoç était musulman depuis au moins vingt ans et il a fini pour épouser une fille qui partageait la même foi. C’était un choc de rentrer dans un endroit qu’il ne reconnaissait plus et que à son tour lui faisait comprendre qu’il ne retrouverait pas sa place. Il est resté quelques années puis il était de retour à Istanbul. Les ponts avec sa famille en Bosnie se sont pratiquement coupés, il n’est jamais retourné.

Plusieurs années après, les parents de Sarah, allaient vivre une autre histoire sombre dans la même région où Makoç était née plus d’un siècle auparavant, celle de la guerre des Balkans. Les discours nationalistes étaient la source de popularité des leaders politiques d’une bonne partie des républiques de la région. A la mort de Tito, la Yougoslavie s’est éclate et l’idée d’homogénéiser la population « majoritairement » slave prend forme. Ainsi, la préconisation sur l’élimination de l’autre, soit disant justifiée par une idée de « nettoyage ethnique »,  était un objectif bien installé dans la tête des dirigeants serbes et de leurs armées, principalement.

Les Bosniaques ont été visés à nouveau en raison de leur religion, mais cette fois-ci pour se retrouver entourés d’une majorité de républiques chrétiennes. C’est en 1992 lorsque Sarah avait douze ans qu’elle et ses parents ont réussi à échapper la Bosnie. Après avoir fait plusieurs étapes dans leur fuite, ils ont rejoindre l’une de ses tantes paternelles, installée une décennie d’années plutôt dans la capitale française.

La plupart de la famille de Sarah était décédé à cause de la guerre. Ces parents, n’en parlaient pas et les seuls souvenirs qu’elle conservait de son enfance étaient ceux de l’école où elle a fini la primaire, et ceux des voyages d’été à Istanbul, lorsqu’elle pouvait visiter sa grand-mère et profiter des histoires de son arrière-grand-mère.

Une fois que le rendez-vous avec l’ami historien de sa mère a pris fin, Sarah s’est décidée à marcher dans la partie historique d’Istanbul. Celle remplie par les touristes de toute la terre, tout au long de l’année. A l’entrée de Sainte Sophie, une cathédrale devenue mosquée et maintenant ouverte en tant que musée, Sarah était révoltée.

Son histoire personnelle et familiale lui était toujours racontée par des tiers, par des personnes avec lesquels elle n’avait aucun lien. C’était comme découvrir leur passé à partir d’un vieil livre d’histoire poussiéreux, qui par erreur était tombé dans ses mains.  La douleur était toujours présente dans le regard de ses parents qui ont réussi à quitter la Bosnie et à redémarrer dans un pays qu’ils n’ont jamais senti comme le leur, même si un papier le disait.

Elle-même a senti l’exclusion à plusieurs reprises : son prénom, son nom, son « type » attirait des questions à propos de « ses origines ». Une question d’emblée gênante car cela la faisait ressentir le rejet, à partir d’un rappel simple : elle n’appartenait pas à la société qui l’a accueillie.  

Mais pour Sarah, répondre à la question sur « ses origines » était d’autant plus compliqué. Au moins que l’interlocuteur veuille recevoir un cours d’histoire, ses souvenirs familiales assez disperses, ne lui permettaient non plus de répondre ponctuellement à ce sujet.  

L’histoire de Sarah, comme tant d’autres des migrants et des réfugiés sont pleines de lieux communs. Pleines non par leurs propres récits, mais par les propos relayés par ceux qui pensent tout connaître sur l’autre. Une connaissance qui par ailleurs repose sur des vagues cours d’histoire, des articles de vieux journaux, ou sur les propos racistes d’un membre de la famille qui aurait eu le malheur d’échanger avec ces gens et qui répète à l’infini cette idée « générale »  qu’il a sur celui qui est différent. 

Notre regard sur les autres « ceux qui sont accueillis » est pleine de certitudes construites et répétés sans réfléchir. Des certitudes que nous avons construites pour devenir, pour être, pour faire part, pour nous affirmer en tant que peuple ou nation.

Néanmoins, nos familles, les pays où nous sommes nées, où nous évoluons, où nous immigrons sont tellement chargés d’histoires difficiles de tracer, de comprendre, d’accepter, et de valider que vouloir prétendre une connaissance sur une période historique, se prononcer tels que des spécialistes sur le modes de fonctionnement d’une société, se placer moralement pour évaluer des sociétés « plus arriérées », paraît non seulement prétentieux, mais aussi stupide.

Déconstruire c’est la seule manière d’apprendre plus sur l’autre, d’écouter celui qui vit devant, qui s’assoit devant nous dans le métro, celui qui va à l’école avec nous,  ceux qui font un travail pour nous.

La clé pour tous les aimants de l’histoire est peut être celle de n’est pas apprendre par cœur des récits justificateurs des rapports de domination et de les revendiquer ; mais plutôt d’essayer de se poser des questions sur la manière dont ces histoires sont racontées et par qui elles sont racontées.

C’est à nous d’essayer de comprendre comment ces rapports entre peuples, religions, nations, empires ont façonné notre monde, nos vies quotidiennes. A partir de la compréhension de ses rapports ont pourrait au moins aspirer à une évolution de notre pensée et de nos comportements vis-à-vis  de l’autre, tout à partir du respect de ce qui est différent, même s’il paraît étrange.


[1] La construction de l’aqueduc de Valens a été finie au 368 av.JC.

[2] Les trois citernes sont : Basilique la plus célèbre, celle évoqué dans les livres de Dan Brown ; la citerne de construite entre 428 et 443 par l’empereur Théodose II ; et la citerne à 1001 colonnes ou de Philoxenos.

[3] Seldjoukides : leur histoire se remonte à la mort d’Alexandre le grand. Son empire a été réparti entre ses quatre généraux qui se sont battu pour obtenir le contrôle total des territoires et cumuler plus de pouvoir. Ces guerres se sont prolongés pendant 70 ans, jusqu’à la mort du dernier Selçuk I, qui a formé la dynastie des Seldjoukides. Ils ont contrôlé les territoires de Babylonie, Syrie, Pakistan, Iran et l’Inde pendant un plus de deux siècles et jusqu’à l’année 69 av.JC.   

[4] Tamerlan : prétendu héritier de Gengis Khan, il est naît à Samarkand, l’un des points plus importantes de la route de la soie. Tamerlan commence sa carrière au pouvoir sous le titre d’Emir et en 1370 deviendra roi. Au cours de 24 ans il aura constitué un empire « comprenant le Fergana, la Transoxiane, le Kharezm jusqu’à la mer d’Aral, l’Iran tout entier, la Mésopotamie, l’Arménie, le Caucase, l’Anatolie orientale. Tamerlan assure sa suprématie en Inde, en Asie Mineure, sur tout l’ancien territoire de la Horde d’Or, c’est-à-dire sur l’actuelle Russie du Sud. Il part pour conquérir la Chine en décembre 1404, mais il meurt en route, le 19 janvier 1405 »

[5] Mehmet II : sultan qui assure la conquête de Constantinople à mains des musulmans (aujourd’hui Istanbul) en 1453, nouvelle capitale de l’Empire Ottoman. Il assure la coopération et tolérance entre les sujets libres chrétiens grecs, turcs, arméniens, syriens et juifs. C’est Mehmet II qui dirige la conquête des territoires européens de l’est tels que la Serbie, la Bosnie, l’Albanie, et la Crimée.

[6] Soliman le Magnifique : sultan de l’Empire Ottoman qui régna de 1540 à 1566, la période la plus brillante de l’empire. Il installe la structure administrative de celui-ci. Ses conquêtes lui permettent de vaincre les perses (iraniens) de prendre Bagdad (presque tout l’Iraq actuel), élargir l’empire à Tunis et à Alger. Son pouvoir est reconnu par le roi de France, François I, Charles V empereur du Saint-Empire, Louis II de Hongrie et Tahmasp d’Iran, avec tous ces souverains il a nouée des alliances.

[7] Mustafa Kemal Atatürk est le « père de la nation turque » libérateur du pays pendant la guerre d’indépendance entre 1919-1922. Il est le fondateur d’un état républicain et laïc.

[8] Le divan d’Istanbul, pag 54.


https://www2.uned.es/geo-1-historia-antigua-universal/ALEJANDRO%20MAGNO/alejandro_DINASTIA_SELEUCIDAS.htm

https://eacnur.org/es/actualidad/noticias/historias-de-vida/guerra-de-los-balcanes-uno-de-los-peores-conflictos-de-la-historia

Le divan d’Istanbul. Alessandro Barbero. Petite Bibliothèque Payot. 2013, 2014.

Déjeuner chez les tantes!

Tous les cousins sont invités à déjeuner chez les tantes. Ma sœur et moi nous avons décidé d’arriver le plus tôt possible. Nous n’avons pas eu la force de faire à manger ce matin, encore moins après un samedi soir arrosé.

Les tantes ne sont pas bêtes, elles savent que notre arrivée anticipée est révélatrice d’une gueule de bois carabinée et d’un manque d’envie de faire à manger. Elles ont déjà pris leur petit déjeuner plusieurs heures avant : un bon bol de chocolat chaud et un morceau de pain. Il faudra attendre le déjeuner avec le ventre vide et musical (il fait des gargouilles). Je m’installe au salon où ma tante Pocha a déjà disposé le jeu de petits chevaux. Une tradition familiale, peut-être trop colombienne. 

La légendaire bagarre pour choisir la couleur des pions est de retour, je finis par prendre les jaunes malgré ma détestation assez connue pour cette couleur. La tante Magola jouera aussi, mais avec les pions rouges. Elle a pris la couleur que je voulais pour rien, car elle aura un œil sur le jeu et un autre sur le fourneau. C’est elle qui est en charge du repas d’aujourd’hui. 

Magola est la seule des trois sœurs qui n’est pas experte en cuisine et lorsqu’on découvre qu’elle est en charge du déjeuner, on sent les frissons.

La tante Pocha continue la bagarre avec ma sœur toujours en raison de la couleur des pions. Leurs traits de caractère sont tellement similaires qu’un inconnu pourrait penser qu’il s’agît de mère et fille. La tante Pocha est une gagnante et elle n’est se laisse pas faire. Comme d’habitude elle a eu les pions qu’elle voulait et de plus c’est elle qui démarre le jeu.

Je me demande toujours pourquoi les tantes gardent les pions et les dés dans une vieille boite qui abrite de boutons, de fils et un mètre de couturier. Mes détestables pions jaunes sont de tailles différentes, certains semblent avoir été mordus par un cousin plus jeune ou par le chien,  d’autres ne restent pas débout sur le plateau de jeu. Quand mon tour de jouer arrive, je me rends compte que mes partenaires utilisent trois dés, au lieu des deux réglementaires. Elles lancent les trois, puis elles choisissent les deux chiffres les plus avantageuses pour avancer et gagner.

Je n’ai jamais joue comme ça mais il paraît évident qu’il faudra tricher si je ne veux pas finir la dernière. Pendant qu’elles discutent, je profite pour sortir tous mes pions des écuries et je commence à avancer. La tante Magola découvre la triche et se décide à utiliser son discours moralisateur pour mettre fin à ma participation au jeu. Elle m’envoi surveiller sa sœur et à vérifier si le déjeuner sera bientôt prêt. Tout le monde a faim. 

Ma cousine Sofia la plus âgée de tous les cousins est arrivée. Elle est en train d’essayer les pyjamas que la couturière de la rue, Madame Ruth, a conçu pour elle. Dans quel moment ma cousine aînée, la plus intelligente, s’est laissé séduire- plutôt embobiner par cette petite vieille qui n’arrive à faire que des nappes ? Ces dernières elle arrive encore à les faire car il faut couper droit et faire des carrés.

Paradoxalement, je constate que sur le lit de la tante Clara il y a un carré de tissu. Elle a l’aire inquiète, depuis longtemps Clara a son petit business avec Madame Ruth et ce pour cela qu’elle espère nous convaincre des habilitées de la couturière, et ainsi nous faire acheter les pyjamas. 

La fille de Madame Ruth est chargé de garder notre chat Jacobo depuis quelques jours. Avant d’arriver chez les tantes, ma sœur est passée le visiter et a constaté qu’il n’avait pas de l’eau courant à sa disposition.

Enfin, je décide de me déplacer vers la cuisine et vérifier ce qui nous prépare la tante Magola. A l’entrée, je découvre un plat plein de « patacones »[1] et il est donc impossible de n’est pas en prendre un ou deux pour faire passer la faim. Lorsque je goûte le premier, les larmes montent aux yeux. Les « patacones » ont un goût à œuf pourri.

De l’autre côté de la cuisine je vois la tante Magola en train de touiller énergiquement une soupe, elle rajoute un peu près de deux kilos d’olives marrons. Je sens mon ventre se tordre dans tous les sens, seulement en imaginant le goût de ce mélange acide et particulier. Olives si, en soupe c’est hors de question ! Accompagnées de « patacones » avec un gout d’œuf pourri, encore moins.

La tante Magola met toute son énergie dans la préparation de ses recettes, artiste frustrée elle utilise son imagination pour donner de la couleur aux assiettes qu’elle nous propose. Malgré le goût étrange qui peut avoir le rendu, cela n’a pas l’air de la perturber et donc d’innover en permanence. Au cours des années plusieurs d’entre nous sommes tombés malades ou avons développé des allergies alimentaires à cause de ses preparations.

Je sors discrètement de la cuisine et je vais chercher ma cousine Sofia pour lui raconter ma découverte, je veux qu’elle trouve une excuse pour qu’on puisse s’échapper et aller manger quelque chose avant de passer à table ; mais elle continue avec son histoire de pyjamas car Madame Ruth a  déjà commencé à couper les pantalons…


[1] Des écrasés de banane plantain vert, frits.

Almuerzo con las tías!

Las tías nos han invitado a almorzar, decidimos llegar temprano, esperando que nos preparen desayuno porque nos dio pereza  preparar el nuestro en casa.

Obvio que saben que la llegada temprano no es gratis, pero ya han tomado chocolate con pan más temprano y están ahorrando energía para preparar el almuerzo al que nos han invitado. Con las tripas sonando nos vamos a la sala en donde la tía Pocha ha dispuesto el viejo juego de parqués.

Como siempre la pelea por el color de las fichas, me deja defendiendo las amarillas. Odio ese color, pero jugaré con él. La tía Magola viene también a participar del juego, ella jugara con las rojas, toda esa pelea para saber que va a estar con un ojo en el juego y el otro en los preparativos del almuerzo. Ni siquiera va a jugar bien.

Magola es la única de mis tías que cocina poco y cuando descubrimos que ella está al mando del almuerzo de hoy, no podemos evitar que un frio nos pase por la espalda.

La combinación de alimentos imposible de la tía Magola es tan famosa que ya varios hemos tenido intoxicaciones alimentarias en el pasado. Algunos de nosotros incluso, hemos desarrollado alergias, pero nadie, nadie, ha osado decir algo sobre su particular cocina. Ella siempre le pone el corazón a sus excéntricas recetas, tal vez porque es una artista frustrada y en la cocina utiliza toda su imaginación para darle color a los platos que nos ofrece, sin que el sabor la perturbe.

La tía Pocha tiene una encarnizada pelea con mi hermana, otra vez por la historia de las fichas, se parecen tanto en el carácter que parecen madre e hija. La tía Pocha sale ganadora como siempre, sabemos que de otro modo, se habría parado de la mesa y se habría negado a jugar. Fiel a sí misma ha decidido que ella comenzará la partida. ¿Por qué las fichas están guardadas en una caja que almacena botones, hilos y hasta un metro de modistería?

Mis detestables fichas son de tamaños diferentes, algunas parecen haber sido mordidas por un primo más pequeño o por el perro, otras siquiera se mantienen estables en el tablero. Cuando es mi turno me doy cuenta que hay tres dados grandes con los que mis compañeras de juego han jugado la partida, en lugar de los dos reglamentarios, ellas lanzan los tres y escogen a su gusto lo que más les conviene como resultado, para avanzar y ganar.

Nunca he jugado así y me doy cuenta que si no quiero terminar de última me tocara hacer trampa también. Sin que se den cuenta he sacado mis cuatro fichas de la cárcel y he empezado a avanzar. Cuando la tía Magola descubre el engaño y haciendo uso de sus grandes dotes de moralizadora me saca del juego y me manda a verificar que su hermana esté avanzando en lo del almuerzo, hay hambre en las tropas.

Mi prima Sofía la mayor de todos los primos ha llegado y está midiéndose unas pijamas que doña Ruth le ha confeccionado especialmente. ¿En qué momento mi prima, la mayor, la más lista, se dejó convencer por esta viejecita que lo máximo que llega a hacer son manteles y eso porque los corta cuadrados?  Paradójicamente, hay un cuadrado de tela encima de la cama de la tía Clara, que parece preocupada porque el trabajo de doña Ruth termine por enojar a la prima mayor. Sofía es el “gancho” para que todos los demás nos animemos a comprarle las dichosas pijamas.

La hija de doña Ruth está a cargo del cuidado de nuestro gato Jacobo desde hace un par de días. Mi hermana ha ido previamente a darle una vuelta y se ha dado cuenta que ni agua le han puesto.

En fin, yo decidí obedecer e ir a ver qué es lo que nos está preparando la tía Magola. Al entrar a la cocina, veo los deliciosos patacones y al provocarlos siento las lágrimas subir a los ojos, ¡saben a huevo! No se supone que asistiéramos a un desayuno, ni a un Brunch.

Al lado opuesto de la enorme cocina, veo a la tía Magola revolviendo enérgicamente una sopa, a la que está agregando unos dos kilos de aceitunas marrones. Se me tuerce el estómago de solo pensar en esa particular y acida mezcla. ¡Aceitunas si, en la sopa no! Acompañadas por patacones que saben a huevo menos.

Decido ir a buscar a mi prima Sofía para contarle lo que he descubierto en la cocina a ver si se anima a que vayamos a dar una vuelta y de paso comemos algo antes de morir en el intento, pero ella sigue en su enredo de pijamas. Doña Ruth ha empezado a cortar los pantalones …